Bulletin
technique Indigo septembre 2005
Restauration des communautés
d’insectes par l’utilisation de plantes indigènes
Bonjour chers clients et amis, chaque mois, le bulletin technique aborde
un sujet de saison qui, nous l’espérons, vous permettra
d’actualiser vos connaissances au sujet de l’utilisation des
espèces indigènes en aménagement. Bonne lecture et n’hésitez
pas à nous transmettre vos commentaires et suggestions.
Un jardin
en santé imite le milieu naturel en permettant l’établissement
de multiples relations entre les organismes végétaux et
animaux tant nuisibles que bénéfiques. Pour obtenir cet équilibre,
les insectes doivent retrouver facilement nourriture et abri
pour demeurer dans le jardin, sinon ils s’installeront
ailleurs. À titre d’exemple, si les prédateurs ne peuvent
trouver de proies et quittent le terrain, les insectes nuisibles
se développeront alors sans contrôle et pourront causer de
graves infestations. La planification d’un jardin de papillon
doit ainsi prévoir l’établissement de plantes qui attireront
non seulement les papillons, mais qui maintiendront également
les chenilles et leurs prédateurs et/ou parasitoïdes (parasite
qui tue) dans le jardin.
Il y a
plusieurs recommandations à tenir compte pour aménager le
terrain dans cette optique. D’abord, il faut fournir un
habitat approprié aux plantes selon leurs besoins (conditions
d’ensoleillement, d’humidité, de rusticité et du type de
sol) afin de résister le plus efficacement possible à
l’attaque des insectes et aux maladies. Les espèces indigènes
demeurent un bon choix, car elles sont établies dans notre
milieu depuis des milliers d’années.
Deuxièmement,
pour attirer un grand nombre d’espèces d’insectes, il faut
augmenter la diversité d’habitats offerts sur le terrain.
Offrir des coins d’ombre, des coins ensoleillés, des habitats
aquatiques (étang, bol d’eau). Éviter d’homogénéiser le
sol. Maintenir des parcelles de sol acide, sableux ou argileux
qui demanderont une couverture végétale différente. Présenter
des plantes avec différentes couleur et forme de fleur, différentes
périodes de floraison, différentes formes (arbre, arbustes,
vivaces, annuelles, plantes à bulbes, plantes grimpantes, fougères…).
Les plantes indigènes offrent un bon choix d’espèces différentes
du point de vue des caractéristiques physiques et de
l’habitat.
Troisièmement,
il est intéressant de choisir certaines espèces végétales
qui attirent ou éloignent une espèce ou un groupe
d’insectes. Comme les plantes indigènes ont l’avantage d’être
la nourriture habituelle des insectes de nos régions, ceux-ci
s’installeront donc plus facilement dans un jardin où pousse
leur plante préférée. Il existe trois catégories de plantes
attractives et répulsives :
·
Les plantes qui
attirent les insectes bénéfiques en fournissant nourriture
(pollen, nectar, feuille …) ou abri (hivernal ou estival). Par
exemple, Solidago spp., Rudbeckia hirta, Achillea millefolium
attirent des espèces prédatrices dont des punaises, des guêpes
et des mouches.
·
Les plantes qui éloignent
les insectes nuisibles. Ces plantes peuvent être installées près
de celles qui sont plus sensibles. Un bon exemple est la Tanacetum
qui éloigne nombre de ravageurs.
·
Les plantes qui
attirent les insectes nuisibles pour libérer les plantes plus
sensibles. La fétuque rouge et l’agrotis permettraient de
diminuer l’attaque de l’altise (coléoptère) dans diverses
cultures.
Une autre
façon de maintenir les insectes dans le jardin est de laisser
les débris végétaux au sol ou de recouvrir le sol de copeaux.
La plupart des livres d’horticulture recommandent plutôt le
contraire parce cela servirait d’abri aux insectes nuisibles.
Eric Grissel, auteur de Insects and Gardens (2001),
conseille de maintenir les débris au sol, car ceux-ci
fourniraient également un abri aux insectes bénéfiques.
Évidemment,
la restauration des communautés d’insectes ne se fera pas en
une saison. Il faudra probablement attendre plusieurs années et
effectuer quelques modifications pour obtenir un jardin équilibré.
On peut cependant accélérer le processus en procédant au
transfert d’insectes d’un milieu naturel vers le jardin.
Dans un
prochain bulletin, nous ferons quelques suggestions de plantes
et d’insectes à inclure au jardin et de procédures pour
l’introduction de population d’insectes.
Merci
de nous lire tous les mois
France
Bourgouin
Équipe Indigo
Le
mois prochain : Changement de nom chez les plantes;
quelques principes de nomenclature.
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technique ou si vous en recevez plusieurs exemplaires, merci
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