Lutilisation des plantes indigènes en aménagement
paysager: une nouvelle approche pleine de sens.
Le golf est un sport passionnant! Du
moins, cest ce que disent les quelques quatorze
millions dadeptes américains de ce sport.
Toutefois, il ny a pas que les golfeurs qui sintéressent
au tee et au fer quatre. De plus en plus de gens évoluant
dans les sphères de lenvironnement commencent
à regarder le phénomène golf
de plus prés. Certains vont même jusquà
dire que les vertes étendues de pelouse irréprochable
qui caractérisent si bien les terrains de golf
ont grandement contribué à encourager une
sur-utilisation du gazon dans les aménagements
paysagers, contribuant ainsi à la banalisation
du paysage et à lappauvrissement des milieux
naturels, particulièrement en banlieue.
En contrepartie, depuis quelques années,
on voit apparaître de nouvelles tendances paysagères
qui visent à contrecarrer certains de ces problèmes.
Lutilisation des plantes indigènes en aménagement
en est un exemple. Lengouement pour cette approche
ne cesse de grandir et ce qui nétait au début
quune tendance marginale commence à faire
de plus en plus de bruit sur son passage. On se retrouve
aujourdhui devant un véritable mouvement
bien établi.
Une popularité croissante
Un des indices frappants de cet accroissement
de popularité est le nombre incroyable douvrages
sur le sujet qui sont publiés par les temps qui
courent. Depuis 1980, plus dune centaine douvrages
sur lutilisation des plantes indigènes sont
parus, dont 44 depuis les quatre dernières années
seulement. Le Québec néchappe pas
à cette vague de publications. Sil nexiste
pas encore douvrage québécois sur
le sujet, les Éditions Broquet ont tout récemment
publié la traduction dun ouvrage américain
fort populaire The Wildflower Gardeners Guide
de lauteur Henry W. Art.
En fait, cette tendance prend une telle
ampleur que lon voit apparaître depuis peu
une myriade de clubs et de sociétés qui
sintéressent au sujet. Aux États-Unis
seulement, on ne dénombre pas moins de 381 organismes
dont les activités sont reliées à
la flore indigène. De ce nombre, 94 se consacrent
spécifiquement à promouvoir lutilisation
des plantes indigènes en aménagement. Si
on en croit la Maison Blanche à Washington, lutilisation
des plantes indigènes est une solution exemplaire
aux problèmes de qualité de lenvironnement
et de banalisation du paysage. La proposition dune
loi visant à encourager lutilisation des
plantes indigènes sur tous les sites fédéraux
américains en témoigne bien. Le mémorandum
à lorigine de cette loi américaine
a été signé en 1994 par le président
Clinton et celle-ci pourrait bien entrer en vigueur dès
1996.