Bulletin
technique Indigo octobre 2005
Changement de nom chez les plantes;
quelques principes de nomenclature.
Bonjour chers clients et amis, chaque
mois, le bulletin technique aborde un sujet de saison qui, nous
l’espérons, vous permettra d’actualiser vos connaissances
au sujet de l’utilisation des espèces indigènes en aménagement.
Bonne lecture et n’hésitez pas à nous transmettre vos
commentaires et suggestions.
Avec l’arrivée du nouveau catalogue, vous pourrez
constater que plusieurs espèces sont maintenant offertes sous
des noms différents. C’est le cas, par exemple, de la
smilacine à grappes (Smilacina racemosa) qui sera désormais
nommée Maianthemum racemosum. Loin de constituer une
fantaisie de l’équipe, ces changements de nomenclature témoignent
d’un désir constant de nous conformer aux principes qui régissent
la botanique. L’objectif de cette démarche est de vous offrir
un produit de haute qualité dont l’identité ne laisse planer
aucun doute. Si en horticulture ornementale l’identification
exacte d’une espèce porte peu à conséquence, il n’en est
pas de même en naturalisation où l’introduction d’une espèce
mal identifiée peut constituer une menace pour le milieu
naturel.
Nommer les plantes sans ambiguïté a toujours été une préoccupation
sérieuse pour l’homme. Les noms servent à identifier les
plantes, mais constituent également un véhicule de
transmission des connaissances. Pour nos ancêtres, nommer l’hépatique,
c’était la reconnaître, mais c’était aussi nommer ses
propriétés, à tort ou à raison. Les noms vernaculaires possédaient
bien souvent ce pouvoir d’évocation. Toutefois, d’une région
à l’autre, d’un peuple à l’autre ces noms peuvent varier
grandement. Une plante peut posséder plusieurs noms communs et
inversement, un même nom commun peut désigner plusieurs espèces,
d’où le besoin d’instaurer une façon
universelle de nommer les plantes. Il a fallu attendre
les premiers développements de la botanique pour percevoir un désir
de stabiliser la nomenclature. Le latin s’est vite imposé étant
donné sa nature savante. Toutefois, sans système taxonomique
élaboré, les noms latins sont vite devenus des espèces de
phrases descriptives lourdes d’utilisation. Ainsi, à l’époque
des polynômes, certaines espèces pouvaient se voir attribuer
une série de noms descriptifs au fil des herborisations. Par
exemple, en 1742, Heller nommait le trèfle blanc Trifolium
caule repente spicis depressis siliquis tetraspermis.
C’est avec la venue de Linné que le système actuel des
binômes s’est imposé. Depuis 1753 chaque espèce est désormais
attribuée à un genre et désignée par un épithète spécifique
qui désigne l’espèce à l’intérieur du genre. Ce système
a grandement contribué à faciliter l’expression et la
communication botanique puisque le binôme latin ne peut désigner
qu’une seule et unique espèce. Depuis lors, les botanistes
s’appliquent à reconnaître un seul nom valable par espèce
dans le monde entier. Régie par le Code de la Nomenclature
Botanique, la détermination des noms pose malgré tout
certaines difficultés. Les genres étant des entités
conceptuelles, il arrive que les auteurs ne s’entendent pas
sur l’identité exacte des espèces. Lorsque des travaux
particulièrement approfondis apportent des arguments de poids
en faveur d’une reclassification, le nom de l’espèce
change.
Le désir de stabiliser la nomenclature scientifique a vu naître
des systèmes d’information tels que l’Integrated
Taxonomic Information System
(ITIS) qui se veut un partenariat international
ayant pour but de diffuser le nom reconnu pour chaque espèce du
règne vivant. À partir de 2006, Indigo offrira ses plantes
sous le nom accepté par l’ITIS. Lorsque cela implique un
changement de nom, le nouveau nom sera suivi de son synonyme
utilisé antérieurement.
Il est fort probable qu’avec le progrès des connaissances
botaniques et les moyens toujours plus poussés d’étudier les
spécimens, tels que l’étude génétique, les noms des
plantes seront encore appelés à changer. Considérons que nous
sommes dans le cours d’une période transitoire qui aboutira
à une plus grande stabilité de la nomenclature. Cela sera bénéfique
pour tous les intervenants travaillant avec le vivant.
Voici les changements de noms que vous remarquerez dans notre
nouveau catalogue :
Antennaria canadensis
devient
Antennaria howellii ssp. canadensis
Antennaria gaspensis
devient
Antennaria rosea ssp. pulvinata
Aster lateriflorus
devient
Symphyotrichum lateriflorum
Aster novae-angliae devient
Symphyotrichum novae-angliae
Aster
puniceus
devient
Symphyotrichum puniceum
Aster simplex
devient
Aster lanceolatus
Aster
umbellatus
devient
Doellingeria umbellata
Athyrium thelypterioides devient Deparia
acrostichoides
Dryopteris spinulosa
devient
Dryopteris carthusiana
Elymus arenarius
devient
Leymus arenarius
Eupatorium rugosum
devient
Ageratina altissima
Heracleum lanatum
devient
Heracleum maximum
Hypericum pyramidatum devient
Hypericum ascyron
Hystrix patula
devient
Elymus hystrix
Iris setosa
devient
Iris setosa var. canadensis
Lathyrus maritimus
devient
Lathyrus japonicus var. maritimus
Mentha canadensis
devient
Mentha arvensis
Panicum clandestinum
devient
Dichanthelium clandestinum
Potentilla palustris
devient
Comarum palustre
Potentilla pectinata
devient
Potentilla pensylvanica var. litoralis
Potentilla tridentata
devient
Sibbaldiopsis tridentata
Saxifraga aizoon
devient
Saxifraga paniculata ssp. neogaea
Smilacine racemosa
devient
Maianthemum racemosum
Thalictrum confine
devient
Thalictrum venulosum
Vos
commentaires sont toujours les bienvenus
Isabelle
Dupras
Équipe Indigo
Le
mois prochain : Coup d’œil sur la primevère
laurentienne
PS :
Notre nouveau catalogue sera disponible en ligne d’ici la
fin du mois… Encore quelques jours de patience…
Si
vous souhaitez ne plus recevoir mensuellement notre bulletin
technique ou si vous en recevez plusieurs exemplaires, merci
de nous en aviser en nous contactant à l’adresse info@horticulture-indigo.com
Vos
coordonnées seront retirées de notre liste d’envoi.
Indigo
80 Route 116 Ulverton
J0B 2B0 (Québec)
t.819.826.3314
f.819.826.1011
www.horticulture-indigo.com