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Montréal «renaturalise» ses espaces

Les parcs, les jardins et les places publiques occupent un peu plus de 1 800 hectares du territoire de la Ville de Montréal. Dans un contexte urbain, on cherche souvent à dominer, à “ dompter ” la nature plutôt qu'à lui laisser une chance de s'épanouir. On assiste toutefois à un renversement de cette tendance. Plusieurs villes d'Europe, du Canada, incluant des villes de la région de Montréal, revoient leur méthode d'entretien des espaces verts au profit d'une “ re-naturalisation ” de ces espaces. Cette nouvelle approche a le double avantage de répondre à des préoccupations écologiques et économiques.

À Montréal, le Service des parcs, jardins et espaces verts a décidé de tenter l'expérience et de laisser plus de place à la nature dans des secteurs choisis. Ces sites expérimentaux sont sélectionnés en fonction de leur fréquentation et de leur usage. Il peut s'agir, par exemple, de portions moins fréquentées de grands parcs, de talus le long des voies de circulation ou encore d'espaces de verdure longeant des pistes cyclables.

Cohabiter avec la nature

Restaurer ou naturaliser une partie des espaces verts consiste, pour l'essentiel, à réduire au minimum les interventions d'entretien pour donner libre cours à la flore spontanée. Il ne s'agit pas de laisser à l'abandon les zones sélectionnées, mais d'y intervenir différemment. Les équipes d'entretien ont la responsabilité de faire l'inventaire de la flore indigène qui pousse spontanément sur ces sites. À la fin du cycle de floraison, si l'on constate un manque de diversité dans un secteur, de nouvelles espèces de fleurs peuvent y être semées. Dans certains cas, des arbres ou des arbustes peuvent être plantés pour renforcer le caractère naturel du site. Enfin, les secteurs en voie de restauration sont soumis aux mêmes exigences de propreté que tous les espaces verts de Montréal.

Pourquoi naturaliser?

Des espaces plus naturels favorisent une plus grande biodiversité sur le plan écologique. Si on laisse fleurir les espèces végétales, propre à chaque secteur, elles servent de refuge et de “ garde-manger ” à un plus grand nombre d'insectes et de papillons qui, à leur tour, nourrissent les oiseaux. En plus d'abriter insectes et faune ailée, la couverture végétale devient à la fois plus variée, plus résistante à la sécheresse et plus riche. En Suisse, on a constaté que certaines villes offrent une plus grande diversité d'espèces végétales indigènes que des surfaces équivalentes en milieu agricole.

Enrichir le paysage urbain

En réduisant la fréquence de la tonte du gazon, un espace délimité peut se développer en pré fleuri ou en boisé. Au lieu d'une couverture végétale gazonnée, assez monotone et de qualité inégale, les espaces verts offrent alors des paysages variés selon les conditions de sol, d'humidité et d'exposition à la lumière. Des paysages qui varient également au fil des saisons. On laisse en quelque sorte la nature nous révéler ses secrets!

 

 

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