Mars
2008
Coup
d’œil sur le scirpe noirâtre
Le
scripe noirâtre est une espèce vivace qui pousse seule ou en
petites colonies serrées. Ses tiges triangulaires brillantes ne
forment aucun embranchement ce qui procure à la plante un
aspect dynamique intéressant. Le feuillage, peu abondant, est
formé d’étroites feuilles alternes pouvant atteindre une
quarantaine de centimètres de longueur. Rarement plus
nombreuses que 6 ou 8 par plant, ces feuilles ont un quelconque
aspect souple et élégant. La floraison consiste en une ombelle
composée qui ressemble à une explosion d’étoiles. Les
fruits prennent une coloration foncée brune noirâtre et
peuvent persister jusqu’aux neiges
Il
s’agit d’une espèce commune que l’on retrouve dans tout
le Québec tempéré. Elle est adaptée à des conditions très
variables. On la retrouve ainsi tout autant dans des sols à
dominance argileuse que sableuse ou graveleuse, riche ou pauvre
en matière organique. L’habitat de prédilection du scripe
noirâtre est la prairie riveraine, cette plaine de débordement
inondée au printemps et lors des grandes crues, mais constituée
de terre ferme le reste de la saison. Par conséquent, elle se
retrouve bien souvent entre les marais et les forêts riveraines
ou encore le long des cours d’eau.
On
peut faire du scirpe noirâtre une utilisation variée. Sa tolérance
à l’inondation prolongée, de même que son système
racinaire fibreux le destine parfaitement à l’aménagement
des berges. Il figure d’ailleurs à la récente liste
officielle des végétaux recommandés pour l’aménagement des
berges publiées conjointement par le MDDEP et la FIHOQ. Sa
vigueur et son adaptabilité sont tels qu’il peut servir à
restaurer les habitats humides les plus dégradés. De plus, son
potentiel faunique est appréciable tant pour les oiseaux, spécialement
pour la sauvagine, que pour certains mammifères herbivores de
milieux humides. En aménagement paysager, il convient
parfaitement aux jardins d’eaux et aux abords de plans
d’eau. La seule chose à craindre étant le manque d’humidité
du sol qui causera un jaunissement du feuillage.
En bref, on peut dire de cette espèce qu’elle est
exceptionnelle pour la restauration des milieux humides et
qu’en cette période de revitalisation des berges dénudées
tout aménagiste devrait l’intégrer à sa palette.
Fiche
technique
Famille : Cypéracées
Nom latin : Scirpus
atrovirens Willd.
Nom anglais : Green bulrush
Rusticité : Zone 2
Lumière : Plein soleil ou ombre légère
Floraison : juin-juillet
Fructification : juillet-août
Hauteur minimum : 30 cm
Hauteur maximum : 150 cm
Largeur : 25 à 45 cm
Taux de plantation au mètre carré :
5 à 15 plants au mètre carré
Humidité : sol humide
ou détrempé. Tolère l’inondation saisonnière.
pH : 4 à 8
Habitat : Prairie riveraine, prairie humide, plaine de débordement,
marais, fossés.
Usages : Restauration de milieu humide, filtration des
eaux de surface aux abords des plans d’eau, jardin d’eau,
habitat faunique.
Association indigène : Calamagrostis canadensis, Carex spp.,
Iris versicolor, Scirpus spp.
Association horticole : Eupatorium spp., Chelone spp., Lysimaquia spp.
Scirpus
atrovirens : fiche technique du site Internet Indigo
Bon printemps, bien que l’on doute de son
arrivée !
Le
mois prochain : Cinq espèces incontournables pour aider
l’environnement.
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