Mai
2009
Le
projet Colibri
Par
France Bourgouin
Bonjour
chers clients et amis! Chaque mois, le bulletin technique aborde
un sujet de saison qui, nous l’espérons, vous permettra
d’actualiser vos connaissances au sujet de l’utilisation des
espèces indigènes en aménagement. Bonne lecture et n’hésitez
pas à nous transmettre vos commentaires et suggestions.
Au
début mai, peu de temps avant la sortie des feuilles, de
nombreux ornithologues amateurs sont à l’affût et attendent
l’arrivée de notre plus petit oiseau : le colibri à
gorge rubis (Archilochus colubris).
Parmi eux, Jacques Turgeon et Marc Bélisle sont impatients!
En
2006, à la suite de la rencontre entre M. Turgeon, ornithologue
amateur passionné, et M. Bélisle, chercheur de l’Université
de Sherbrooke, le projet Colibris fut mis sur pied. L’objectif
de cette initiative était de mieux connaître le
comportement de sélection et d’utilisation du colibri envers
son habitat. Dans le cadre du projet Colibris, des observateurs
ou sentinelles envoient leurs données de dates d’arrivées,
de départ et d’observation d’individus bagués via le site
web du projet http://www.projetcolibris.org.
Les données sont ensuite compilées et représentées sur des
cartes où l’on peut voir la progression des colibris au
printemps. Le projet Colibris est maintenant étendu dans toutes
les régions du Québec. En 2008, il y avait près de 800
sentinelles. Sur le site Internet, on peut également voir la
migration de cette espèce à partir de l’Amérique centrale
vers les États-Unis. De mai à août, Yanick Charest, du
laboratoire de Marc Bélisle, capture les colibris dans quatre
sites en Estrie afin de prendre des mesures sur les individus.
À la lueur de leurs observations, la population des colibris
serait en augmentation, possiblement en raison de
l’installation des abreuvoirs et de la présence croissante de
ses fleurs préférées dans les jardins.
Le
colibri à gorge rubis passe l’hiver au Mexique et en Amérique
du Sud et revient à chaque printemps après un trajet de plus
de 1000 km. Hormis sa taille minuscule et sa gorge iridescente,
la particularité de cet oiseau magnifique demeure sa vitesse de
battement d’ailes qui atteint 55 à 75 battements par secondes
et qui provoque un certain bourdonnement. D’ailleurs, il
s’agit du seul oiseau qui peut reculer et voler sur place
comme un insecte. Cependant, pour maintenir son énergie, il
doit manger très fréquemment, de 5 à 6 repas par heure composés
de nectar et d’insectes. Au Québec, les colibris sont peu présents
en pleine ville et préfèrent s’établir en bordure de forêt,
dans les vergers mais aussi dans les jardins. Pour créer des
habitats qui leur sont favorables, on doit les attirer avec des
abreuvoirs pour colibri, aménager un jardin selon leurs préférences
alimentaires et être patient. Sachez que les colibris à gorge
rubis sont attirés particulièrement par les fleurs roses,
rouges et orange. Il apprécient notamment parmi les espèces
indigènes :
Monarda
fistulosa,
Lobelia
cardinalis,
Epilobium
angustifolium,
Agastache
foeniculum,
Aquilegia
canadensis,
Astragalus
canadensis,
Impatiens
capensis et
Physostegia
virginiana.
En
augmentant la diversité végétale de votre aménagement, la
floraison sera plus étalée dans la saison et un plus grand
nombre d’insectes sera présent. Comme les colibris à gorge
rubis sont territoriaux et retournent aux mêmes sites
d’alimentation année après année, il faut installer les
abreuvoirs dès la mi-avril. Ils reviendront souvent
s’abreuver en visitant les jardins jusqu’à la mi-juin
date à laquelle commence la période de nidification. Dès la
fin juillet, on note les premiers départs, surtout les mâles.
Début septembre, 90% des colibris nous ont déjà quitté.
Lorsque vous lirez ce bulletin, il sera probablement trop tard
pour les abreuvoirs en 2009. Par contre, vous avez tout l’été
pour planifier et réaliser votre aménagement pour accueillir
ces oiseaux remarquables au printemps prochain.
Bonne
observation!
Le
mois prochain : Coup d’œil sur rhododendron du Canada
PS :
Venez nous rencontrer, nous serons présents lors du prochain
Rendez-vous horticole du Jardin botanique de Montréal les 29,
30 et 31 mai prochains. C’est toujours un plaisir de vous y
retrouver année après année!
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vous souhaitez ne plus recevoir mensuellement notre bulletin
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