Nouveautés au catalogue 2015

Tous les ans, nous nous efforçons de proposer de nouvelles espèces indigènes pour le marché horticole. Loin de constituer des créations inédites tels que des cultivars ou des hybrides derniers cris, toutes ces espèces sont issues de la flore du Québec et elles ont subi un banc d’essai de plusieurs milliers d’années!

Voici donc les nouveaux produits que nous introduisons à notre catalogue en vue de la saison 2015.

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Lysimachia maritima

Catégorie : Herbacées vivaces et annuelles

Glaux maritime

Sea milkwort

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Chamerion angustifolium ‘album’

Catégorie : Herbacées vivaces et annuelles

Épilobe à fleurs blanches

White Fireweed

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Oenothera oakesiana

Catégorie : Herbacées vivaces et annuelles

Onagre d’Oakes

Oakes’ evening primrose

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Uvularia sessilifolia

Catégorie : Herbacées vivaces et annuelles

Uvulaire à feuilles sessiles

Sessile-leafed Bellwort

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Artemisia campestris subsp. caudata

Catégorie : Herbacées vivaces et annuelles

Armoise caudée

Tall wormwood

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Osmunda claytoniana

Catégorie : Prêles et fougères

Osmonde de Clayton

Interrupted-fern

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 Osmunda-regalis

Osmunda regalis

Catégorie : Prêles et Fougères

Osmonde royale

Royal-fern

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Carex paleacea

Catégorie : Graminées et Cie

Carex paléacé

Chaffy sedge

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Cyperus bipartitus

Catégorie : Graminées et Cie

Souchet des rivières

Shining flatsedge

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Mélange Indigo plantes mellifères

Catégorie : Semences

Mélange annuel

Mélange vivace

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Collection du naturaliste

Créée en collaboration avec les Cercles des jeunes naturalistes du Québec, cette collection est une invitation à découvrir toute la beauté et le génie de la flore d’ici. Vous trouverez dans cette collection, une série de plantes qui évoquent les astuces du monde végétal en terme d’écologie et l’histoire de notre patrimoine naturel. De quoi s’amuser au jardin avec votre cercle familial ou votre groupe scolaire.

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Collection Premières Nations

Depuis longtemps au diapason avec Terre Mère, les Premières Nations du Québec disposent d’un considérable bagage de connaissances et de traditions liées aux plantes indigènes. Partagez leur savoir et célébrez la flore à leur façon en cultivant cette sélection de plantes d’ici élaborée avec la complicité de communautés autochtones.

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Il est disponible!

Tout chaud sorti des presses! Notre nouveau Magalogue, un hybride mi-magazine, mi-catalogue, est votre meilleure source d’inspiration et d’information sur nos produits.

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Les impacts de la Loi sur les espèces menacés et vulnérables sur le milieu horticole

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Depuis plusieurs années, l’intérêt pour l’utilisation des plantes indigènes en aménagement et en restauration écologique ne cesse d’augmenter. Les espèces indigènes sont reconnues pour leur grande adaptabilité à notre climat et constituent des éléments de choix pour créer des aménagements au service de la faune et des écosystèmes. Parmi les espèces offertes sur le marché de l’horticulture ornementale, certaines espèces sont fréquentes et d’autres plus rares, comme c’est le cas dans la nature.

Une loi, deux statuts

Savez-vous qu’il existe une loi québécoise ayant un impact sur la production et la mise en marché des certaines espèces indigènes du Québec? En effet, la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (LEMV) impose un cadre légal qu’il convient de connaître et de respecter avant de produire ou de vendre ces espèces. Cette loi, entrée en vigueur en 1989, vise à sauvegarder les espèces en situation précaire au Québec. Elle s’applique aussi bien aux espèces qui croissent au Québec qu’à celles qui y sont importées. Deux statuts sont reconnus par la Loi :

  •  Une espèce est désignée menacée lorsque sa disparition au Québec est appréhendée. C’est le cas du podophylle pelté (Podophyllum peltatum).
    Photo: Roger Larose site MDDLCC

    Photo: Roger Larose / site MDDLCC

  • Une espèce est désignée vulnérable lorsque sa survie est précaire au Québec même si sa disparition n’est pas appréhendée. Le sumac aromatique (Rhus aromatica var. aromatica) en est un exemple.
    Photo: Francis Boudreau / site MDDLCC

    Photo: Francis Boudreau / site MDDLCC

À ce jour, 78 espèces de la flore ont été désignées comme espèces menacées (57) ou vulnérables (21) au Québec. Pour neuf espèces vulnérables, le motif évoqué pour justifier leur désignation est la pression de récolte s’exerçant sur leurs populations sauvages, en raison de leur valeur commerciale sur les marchés de l’alimentation et/ou de l’horticulture. Ces espèces, beaucoup moins rares que les autres, sont communément qualifiées de « vulnérables à la récolte » et font l’objet d’une réglementation particulière. Il s’agit de :

• l’adiante du Canada (Adiantum pedatum)

• l’asaret du Canada (Asarum canadense);

• la dentaire à deux feuilles (Cardamine diphylla);

• la dentaire géante (Cardamine maxima);

• le lis du Canada (Lilium canadense);

• la matteuccie fougère-à-l’autruche d’Amérique (Matteuccia struthiopteris var. pensylvanica);

• la sanguinaire du Canada (Sanguinaria canadensis);

• le trille blanc (Trillium grandiflorum);

• l’uvulaire à grandes fleurs (Uvularia grandiflora).

Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) est responsable de l’application de la Loi pour les espèces floristiques. Les renseignements sur les espèces visées par cette législation sont recueillis, traités et diffusés par le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ). Ceux-ci portent, notamment, sur la biologie des espèces, leur répartition, leurs habitats et les pressions qu’elles subissent. C’est en grande partie sur ces renseignements que les spécialistes s’appuient pour recommander la désignation ou non des espèces soumises à leur évaluation. Une liste de 314 plantes vasculaires susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables est également suivie par le CDPNQ.

Des impacts pour l’horticulture ornementale?

Les impacts de la Loi pour les secteurs de la production et de la commercialisation sont généralement méconnus par les gens de l’industrie horticole. Pourtant, les amendes pour une première infraction sont considérables et varient entre 1000 $ et 40 000 $. Il est donc crucial que le monde horticole soit bien au fait de la Loi et de ses implications.

De façon générale, lorsqu’une espèce de la flore est désignée menacée ou vulnérable, l’ensemble des interdictions énumérées dans la Loi (article 16) s’appliquent. Il est notamment interdit de :

• posséder hors de son milieu naturel;

• récolter;

• exploiter;

• acquérir;

• céder;

• manipuler génétiquement tout spécimen de ces espèces ou l’une de ses parties.

Cela signifie qu’aucune production de ces espèces n’est permise à moins qu’elle ne soit autorisée par le MDDELCC à des fins scientifiques, éducatives ou de gestion. Il est donc interdit, par exemple, de produire ou de vendre du podophylle pelté ou du sumac aromatique, quelque soit la provenance des plants mères. La liste des espèces concernées est disponible sur le site du MDDELCC.

Les interdictions visant les espèces « vulnérables à la récolte » sont toutefois moins sévères. Elles sont précisées à l’article 5 du Règlement sur les espèces floristiques menacées ou vulnérables et leurs habitats. Elles s’appliquent au commerce de tout spécimen entier ou de toute partie souterraine issue de la récolte en milieu sauvage. Cela signifie que la production et la vente sont permises si les plants sont produits en serre ou en milieu contrôlé. Une exemption est prévue pour les plants qui seront détruits dans un milieu devant être irrémédiablement altéré par la mise en œuvre d’un projet autorisé en vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement (LQE). Dans ce cas, la récupération de plants provenant de populations qui seront détruites est possible. Cependant, il est recommandé d’obtenir l’autorisation du propriétaire ou de l’initiateur de projet et d’avoir en main une confirmation du MDDELCC que ce projet est autorisé. Tout plant ou partie souterraine de plant récolté à partir de populations sauvages, hors du Québec est interdit d’importation à des fins commerciales. Ainsi, il est illégal d’acquérir des racines de trille blanc ou de lis du Canada qui seraient issus de populations sauvages hors du Québec. Il est donc crucial pour un acheteur de s’informer sur la provenance des plants et des racines qu’il envisage d’acquérir et d’exiger des preuves s’il fait affaire avec des fournisseurs d’ailleurs au Canada et aux États-Unis.

Importance des habitats

Pour certains, la Loi peut sembler contradictoire en ce sens qu’elle interdit la propagation d’espèces dont la survie est précaire à moins qu’elle ne soit autorisée par le MDDELCC. Ainsi, dans le cadre de programmes de rétablissement élaborés par des spécialistes de la conservation et approuvés par le MDDELCC, il peut s’avérer nécessaire de multiplier certaines espèces afin d’accroître la taille de leurs populations ou encore de les introduire dans des milieux naturels favorables à leur croissance, mais uniquement dans les régions où leur présence est connue. Par ailleurs, il est important de comprendre que la majorité des espèces protégées croissent dans des habitats très particuliers et bien souvent excessivement fragiles. L’interdiction de produire se veut donc une manière de protéger ces habitats d’éventuelles menaces qui seraient liées à la récolte et ainsi contribuer à la sauvegarde des espèces.

Pour plus d’informations sur la Loi:

Espèces menacées ou vulnérables au Québec

Loi sur les espèces menacées ou vulnérables

Règlement sur les espèces floristiques menacées ou vulnérables et leurs habitats


Journées portes ouvertes 2014

Nos prochaines journées portes ouvertes se tiendront les samedi et dimanche 6 et 7 septembre prochains.

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Ces journées sont destinées à tous les amateurs de plantes indigènes qui souhaitent se procurer des plants et visiter notre site de production.

Profitez de cette occasion pour

  • Venir chercher votre commande
  • Vous procurer des plantes à coût modique
  • Vous procurer des Semences Marie-Victorin
  • Rencontrer les producteurs
  • Visiter nos installations

Il nous fera plaisir de vous indiquer les endroits où casser la croûte dans les parages ainsi que d’autres sites à visiter dans le secteur.

Aucune inscriptions requises.

Samedi le 6 septembre de 10h00 à 15h00

Dimanche le 7 septembre de 10h00 à 15h00

 

Voici la carte Google à utiliser pour obtenir un itinéraire.

Afficher Horticulture Indigo sur une carte plus grande


Le jardin de vos rêves, un joyau bien caché.

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Fervents amateurs non seulement de plantes indigènes, mais de beaux jardins, mon chéri et moi (a.k.a. les propriétaires de la pépinière Indigo) avons pris la clé des champs le week-end dernier afin de faire la visite d’un jardin privé dont on nous avait dit grand bien: le Jardin de vos rêves à St-Ferdinand dans les Bois-Francs. L’escapade s’est révélée extraordinaire et nous sommes encore émus de toute la beauté et l’originalité de ce splendide jardin.

L’horticulteur Albert Mondor nous en parlait comme l’un des plus beaux jardins du Québec… Mais le jardin appartenant à sa tante Sonia Mondor et son oncle Pierre Séguin, nous craignions un léger abus de chauvinisme! Cependant, après avoir passé l’après-midi sur place, nous ne pouvons que donner raison à Albert! Ce jardin est un joyau! À la fois manucuré et échevelé, solennel et irrévérencieux, ce jardin est empreint d’une âme d’artiste et d’un savoir-faire horticole évident. Les vues sur le jardin sont cadrées à merveille, les surprises abondent et les invitations à l’extase sont partout! Parfaitement inséré dans une campagne authentique, ce jardin est une leçon d’art horticole que devraient suivre tous les paysagistes de la province! À visiter absolument, même la musique d’ambiance et la tisane servie sur place sont sublimes.

Ouvert de 13h à 16h tous les jours de la St-Jean-Baptiste à la fête du Travail, le jardin est situé à 1h20 de Québec et 2h20 de Montréal, mais il vous faudra bien davantage de temps au retour simplement pour redescendre de votre nuage!

http://www.lesjardinsdevosreves.com/jardin-a-visiter-quebec.php

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3 choses au sujet des semences indigènes que les professionnels de l’aménagement devraient savoir.

Si vous êtes un professionnel de l’aménagement ou si vous êtes appelés à proposer ou utiliser des semences indigènes dans le cadre de projets d’aménagement ou de restauration écologique, il y a un certain nombre de choses que vous devriez savoir et qui vous permettront de mieux comprendre les spécificités de ce genre de produit. Dans ce bulletin, nous avons regroupé les principaux éléments qui font que les semences indigènes sont à la fois géniales et particulières. Prenez donc le temps de parcourir les cinq points d’information suivants, afin de maitriser davantage le sujet.

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1. Pourquoi est-ce plus cher?

L’industrie de la semence de plantes s’est développée fondamentalement via deux pôles, d’abord la semence agricole alimentaire ou fourragère, puis la semence à gazon. Ces deux secteurs ont perfectionné l’art de produire un maximum de graines dans d’immenses champs de culture. De plus, ce type de culture permet la récolte mécanisée à l’aide de moissonneuses et les équipements de nettoyage de semences atteignent des rendements impressionnants. Résultats, ces deux types de semences sont disponibles en abondance, à de très faibles coûts.

Dans un tout autre ordre de grandeur, les semences de plantes indigènes sont plus rarement produites en champs. Lorsqu’elles le sont, les superficies sont plus modestes et la variabilité des formes de semences et de périodes de murissement rendent les récoltes plus complexes. En effet, il n’est pas toujours possible de récolter d’un seul coup la production de semences sans affecter grandement les rendements. Il est alors plus intéressant de procéder à des récoltes échelonnées et celles-ci se font manuellement. Encore bien souvent, les récoltes s’effectuent sur des populations en milieu naturel (selon un code d’éthique approprié, naturellement) et cela est avantageux afin d’obtenir des semences adaptées à notre climat et possédant un bagage génétique diversifié. Par contre, parcourir efficacement les champs, les marais et les forêts pour faire des récoltes exige du temps, des connaissances et toute une logistique.

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Des semences de format variées exigent des opérations plus complexes de nettoyage.

Lorsque l’on compare ces deux univers de production de semences, il est facile de comprendre que les semences indigènes, produites en volume relativement retreint, récoltées à la main et nettoyées de façon plus ou moins artisanale coûtent beaucoup plus cher à produire que des semences à gazon. Par contre, il est évident que ces deux produits sont bien différents dans leur essence et leur destiné.

 2. Indigène bien entendu, mais local ou pas?

Les plantes indigènes du Québec peuvent être indigènes ailleurs en Amérique du Nord ou dans le monde. Elles peuvent aussi être cultivées ailleurs, sans pour autant être indigènes. Pensons à la verge d’or, une plante typique de la flore de notre continent, celle-ci est exotique en Europe, néanmoins cultivée là-bas notamment pour la confection de produits de naturopathie, mais parfois aussi pour ses semences.

Ainsi, les aménagistes gagnent à utiliser non pas seulement des semences indigènes, mais plus spécifiquement des semences locales. Des populations éloignées d’une même espèce tendent à développer une génétique spécifique adaptée au lieu d’habitat. Les semences d’espèces indigènes cultivées à l’étranger ne sont donc pas toujours aussi bien adaptées à notre climat. Parfois, il peut paraitre astucieux de se procurer des semences meilleur marché au Colorado, en Pennsylvanie ou en Allemagne, mais si les plantes qui en résultent sont moins rustiques, cela est loin d’être un avantage.

 3. Pourquoi ça ne germe pas uniformément?

Depuis des décennies, notre expérience de semis se concentre sur la production agricole et le semis de pelouse. Nous avons donc l’habitude de voir germer rapidement des graminées sélectionnées pour leur vigueur et leur uniformité. Lorsque l’on utilise des semences indigènes, même pour des mélanges constitués à 100 % de graminées, il est impossible d’obtenir un résultat similaire et de nombreux clients nous font part de leur inquiétude en voyant lever timidement leurs semis indigènes. La germination de semences indigènes est davantage échelonnée dans le temps, car ces semences n’ont jamais été sélectionnées dans un objectif de performance. Cela n’empêche pas qu’elles soient bien souvent mieux adaptées au contexte et qu’une fois établies, elles surpassent en efficacité les mélanges couvre-sol traditionnels.

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Les attentes doivent correspondre à la biologie des espèces. Ici, un très beau résultat qui pourrait pourtant décevoir un client qui s’attend à un résultat digne d’une pelouse. La clé: mieux informer.

Un autre phénomène d’importance entre en jeu et il s’agit d’un mécanisme particulièrement astucieux du point de vue évolutif. Sous notre climat, les semences de plusieurs plantes indigènes murissent en cours d’été et tombent au sol à la fin de la saison ou à l’automne. Ce n’est pourtant pas le moment adéquat pour germer! La nature a donc doté ces plantes d’un mécanisme de germination à retardement et ces graines ne montreront pas leur cotylédon avant le retour de beau temps le printemps suivant. La clé du succès de cette stratégie réside en un phénomène que l’on nomme la stratification. En effet, l’action combinée plus ou moins prolongée du froid et de l’humidité, tel que sous la neige en hiver, suivie d’une hausse des températures désactive en quelque sorte les enzymes qui empêchent la plante de germer. Ce mécanisme est essentiel à connaître, car il est d’une grande importance lorsque l’on sème des espèces indigènes autres que des graminées. Des semences nécessitant une stratification qui sont mises au sol au printemps ou en été ne germeront pas (ou pratiquement pas) avant d’avoir subi leur stratification. C’est la raison pour laquelle il est souvent préférable de semer les mélanges indigènes à l’automne, afin que la stratification s’effectue naturellement. L’échéancier d’un chantier et la période du semis sont donc d’une importance capitale pour les mélanges indigènes. Heureusement, il est possible de stratifier artificiellement les semences pour contrer ce phénomène, mais cela demande néanmoins une certaine planification.

Connaître ces trois éléments spécifiques aux semences indigènes vous permettra, nous l’espérons, d’optimiser votre utilisation des ces produits. Les semences indigènes sont remarquablement bien adaptées à notre climat et à notre environnement en général, mais savoir ce qui les distingue des mélanges traditionnels de pelouses ou de couvre-sol vous permettra de mieux planifier et entretenir vos projets à haute teneur en biodiversité.


Le Jardin Méristème au festival International des Jardins de Métis

L’architecte paysagiste Caroline Magar nous a fait parvenir récemment des photos de son projet, le Jardin Méristème, réalisé par le collectif Chassi dont elle fait partie. Cette installation pour le moins étonnante fait la promotion de la flore indigène en mettant en vedette toute la beauté et la fragilité des semences des plantes d’ici.

Nous avons très hâte de faire un saut aux Jardins de Métis cette année encore pour faire l’expérience de cette œuvre à laquelle nous sommes heureux d’avoir collaboré.

Constatez de vous-même, il semble bien que cela vaut le déplacement!

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Jardin Méristème

Festival International des Jardins de Métis.


Coup d’oeil sur le carex doré, une plante en or.

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Les cypéracées forment l’une des familles de plantes parmi les plus foisonnantes du monde végétal. Ces plantes sont d’une grande importance écologique est se retrouvent pratiquement dans tous les milieux. Au Québec seulement, on en dénombre 16 genres, incluant les carex qui constituent à eux seuls 180 espèces de notre flore! Il s’agit très certainement de notre famille la plus riche et, même parmi les botanistes chevronnés, n’identifie pas un carex qui veut! Heureusement, certaines espèces sont plus faciles à reconnaitre et comportent des traits distinctifs qui les rendent fort intéressantes. C’est assurément le cas de notre plante vedette de ce bulletin technique, le carex doré.

Description

Le carex doré est une plante courte qui pousse en touffe au port recourbé ou retombant. Son feuillage vert tendre est fin et délicat et peut atteindre 35 cm. Toutefois, la plante n’atteint habituellement pas cette hauteur puisque les feuilles fléchissent et donne à la plante son allure caractéristique. Bien que son feuillage soit intéressant en soi, sa particularité la plus étonnante réside dans ses fruits (périgynes) orange vif translucides en forme de bille ou de petit grain de maïs à éclater d’environ 3 mm de diamètre. D’ailleurs nos collègues anglophones la nomment généralement Golden-fruited sedge, le carex aux fruits dorés, ou parfois plus comiquement Pumpkin sedge, le carex citrouille.

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Indigène dans toutes les provinces et territoires du Canada, le carex doré pousse au Québec jusqu’en régions éloignées telles que Havre Saint-Pierre ou la Baie James. On le retrouve fréquemment associé aux roches calcaires, près des sources ou dans les prairies humides. Il est parfois discret, car il a tendance à se cacher sous de plus grandes herbacées qui lui procure une certaine fraicheur. Pourtant, sa tolérance remarquable en fait aussi une espèce capable de coloniser les sites perturbés et, ainsi, on le retrouve également dans endroits plutôt ingrats, comme des abords routiers.

Culture

Cette espèce cespiteuse (en touffe) émet également de longs rhizomes qui lui permettent de former des colonies assez denses. Sa croissance est plutôt lente, ce qui peut s’expliquer en partie par le fait qu’elle croît en sol plutôt pauvre en nutriments. Elle peut se cultiver en sol caillouteux, sableux ou graveleux, dans les loams de texture moyenne, mais elle ne supporte pas les sols argileux. L’idéal est de lui fournir le sol le plus pauvre possible afin qu’elle n’ait pas à combattre des espèces à croissance rapide qui seraient favorisées par un sol riche. Le système racinaire du carex doré est dense, mais ne dépasse pas une vingtaine de centimètres de profondeur. Il s’agit d’une espèce qui préfère le plein soleil, mais s’accommode bien d’une ombre légère qui lui permettra de résister à trop de chaleur. À l’aise dans les sols humide ou frais, elle supporte assez bien la sécheresse.

Atouts et utilisation

Son caractère pionnier en sol pauvre et sa préférence pour les sols frais en font une bonne espèce pour les jardins de pluie où elle pourra être cultivée en massifs ou en coulées élégantes. Elle est idéale pour contrôler l’érosion de surface le long des petits cours d’eau ou des plans d’eau. Son feuillage et ses racines ont un effet filtrant non négligeable.

Il s’agit d’une espèce à la fois utile et ornementale qui offre un bon potentiel faunique. En effet, ses fruits sont consommés par les oiseaux et sont même comestibles pour les humains. Dans un aménagement au sol humide, par exemple dans le fond d’un bassin de rétention d’eau, son feuillage fin et clair et ses fruits colorés seront bien mis à l’honneur et tous pourront s’exclamer, le carex dorée, quelle plante en or!

Fiche technique

Nom latin : Carex aurea Nuttall
Famille : Cypracées
Nom français : Carex doré
Nom anglais : golden-fruited sedge
Rusticité : zone 2
Lumière : plein soleil, mi-ombre
Floraison : mai-juin
Couleur des fruits: orangé
Hauteur minimum : 20 cm
Hauteur maximum : 35 cm
Largeur : 40 cm
Humidité : sol humide ou frais
Sol : préférence pour les sols calcaires, mais bonne adaptabilité
Habitat : ESSroc (rivage rocheux/graveleux); PALroc (rivage rocheux/graveleux), PALpra (prairie humide); TERurb (terrain urbain, abords routiers); Sites perturbés.
Applications possibles : bassin de rétention, jardin de pluie, bordures, massifs.
Avantages : tolère les fluctuations du niveau d’eau.

 


Jardins de biodiversité, un mouvement mondial

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Le printemps dernier, Espace pour la vie lançait son programme Mon jardin Espace pour la vie visant à favoriser la biodiversité en milieu urbain. Ce magnifique projet provincial s’inscrit dans une tendance mondiale de sensibilisation à l’environnement et de préservation de la biodiversité par le biais des jardins privés. Loin de constituer des habitats dénués d’intérêt, les jardins privés, de l’arrière-cour du particulier aux aménagements des sites corporatifs, sont maintenant reconnus comme des lieux essentiels pour l’expérience d’une biodiversité de proximité. Celle-ci favorise le contact de l’homme avec la nature au quotidien et contribue non seulement à la santé des habitats naturels, mais également à la santé globale des citoyens.

Le programme Mon jardin Espace pour la vie est le dernier né des programmes de sensibilisation des citoyens à la conservation de la biodiversité par le biais du jardin. Partout dans le monde, depuis plusieurs décennies, des programmes similaires existent et partagent des objectifs relativement similaires. De manière générale, ces programmes visent à :

  • Préserver et augmenter la biodiversité, notamment en développant un réseau de jardins;
  • Sensibiliser les citoyens aux enjeux environnementaux;
  • Faire découvrir la nature de proximité pour mieux la protéger;
  • Inciter les jardiniers à faire évoluer leur pratique de jardinage en faveur de la biodiversité;
  • Démontrer les avantages et les bénéfices d’une approche écosensible,
  • Favoriser l’implication citoyenne
  • Constituer une communauté virtuelle ou réelle de jardiniers afin de propager le mouvement;
  • Reconnaître les efforts des citoyens.

Comment?

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Les Jardins de Noé, une initiative française de jardins pour la Biodiversité.

Tous les programmes que nous avons analysés (Québec, Canada, États-Unis, France, Belgique, Australie) proposent une série de gestes qui contribuent à atteindre ces divers objectifs. La plupart des programmes encouragent les citoyens à adhérer formellement au mouvement par un système de certification. Cette dernière implique des critères plus ou moins stricts auxquels les jardiniers doivent répondre. Parmi les critères les plus généralisés, on note le bannissement des pesticides et des engrais de synthèse, la création d’aménagements fauniques, le recours aux espèces indigènes et la diminution de la consommation de l’eau. Concrètement les jardiniers sont invités à :

  • Laisser des espaces « au naturel »
  • Faire du compost
  • Réduire leur consommation d’eau en créant des aménagements qui en requièrent peu ou pas ou qui contribuent à valoriser les eaux pluviales.
  • Planter des espèces indigènes de leur région.
  • Planter des espèces reconnues pour leur utilité pour la faune, telle que l’asclépiade pour les papillons monarques.
  • Limiter l’éclairage nocturne.
  • Fournir des sources d’eau aux animaux.
  • Planter des massifs d’arbustes.
  • Laisser des abris sous forme de piles de débris et même d’arbres morts.

Mon jardin Espace pour la vie

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Le programme Mon jardin Espace pour la vie est divisé en trois thématiques. Les participants peuvent aménager et faire certifier trois types de jardins soit :

Jardin pour les oiseaux

Oasis pour les monarques

Jardin pour la biodiversité.

 L’ensemble du programme et des critères de certification sont décrits sur le site Internet d’Espace pour la vie. On y retrouve d’ailleurs une « galerie des jardinautes » qui localise les jardins participants et présente une brochette de sympathiques témoignages. Ce programme est ouvert à tous les résidents du Québec et, à Montréal, la démarche est appuyée par le Réseau de Éco-Quartiers et sa patrouille verte. Cette dernière sera même habilitée dès cette année à procéder à la certification des jardins participants. Horticulture Indigo appuie ce programme depuis ses débuts et nous sommes heureux d’offrir à tous les participants au programme un rabais de 20 % sur nos produits achetés par le biais de notre site Internet ou lors des Rendez-vous horticoles du Jardin botanique les 23, 24 et 25 mai prochains.

 


Biodiversité en milieu urbain, quelques stratégies gagnantes

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Encore aujourd’hui, trop de professionnels du paysage et de l’aménagement se cantonnent dans des rôles ornementaux favorisant des préoccupations esthétiques au détriment de considérations écologiques. L’avenir de l’aménagement urbain réside pourtant dans l’intégration parfaite de ces deux dimensions en toute cohérence. Esthétique et biodiversité ne sont aucunement en opposition et plusieurs stratégies relativement simples peuvent favoriser l’émergence d’une esthétique écologique.

Le terme « biodiversité » a été créé dans les années 1980. De nos jours, on s’entend pour dire que le terme désigne la variété et la diversité du monde vivant. La biodiversité se subdivise en trois niveaux.

• la diversité génétique se définit comme étant la variabilité des gènes au sein d’une même espèce (diversité intraspécifique);

• la diversité spécifique correspond à la diversité des espèces (diversité interspécifique);

• la diversité écosystémique correspond à la diversité des milieux présents sur Terre et des interactions des populations naturelles avec leur environnement physique.

Les professionnels qui interviennent sur le paysage ont un impact significatif sur la biodiversité et il est possible d’intégrer des stratégies favorisant la biodiversité à toutes les étapes du processus de conception d’un projet d’aménagement. Que ce soit lors de la programmation ou de la planification d’un projet, de sa conception, de sa mise en place et même, par la suite, lors de l’entretien. Naturellement, avant de songer à mettre en place de nouveaux espaces de biodiversité, il importe d’abord de travailler à conserver, préserver et bonifier les milieux naturels existants. Toutefois, lorsque l’occasion se présente de créer de nouveaux aménagements en milieu urbain, la biodiversité de même que les nombreux services écologiques qui y sont associés, peuvent constituer un leitmotiv des plus puissants.

Voici un aperçu de stratégies efficaces permettant de favoriser la biodiversité en milieu urbain.

Conception

Connecter / Au stade de la conception d’un projet, les décisions de design qui influencent la forme et la structure doivent se prendre en maximisant la connectivité entre les espaces verts. Les espèces animales profiteront davantage d’un réseau de massifs plantés reliés par des haies que d’une multiplicitéde massifs isolés. En milieu urbain, il peut être intéressant d’utiliser certains lieux résiduels pour parvenir à cette fin, par exemple, l’aménagement d’espaces extérieurs à vocation récréative comme des terrains de sport offre l’occasion de consolider la biodiversité si des espaces naturels sont préservés sur le pourtour des sites.

Maximiser / C’est également à ce stade qu’il faut tenter de maximiser la taille des espaces plantés afin de diminuer ce que l’on qualifie d’effet de bordure. En effet, à forme similaire, les sites de petite taille ne contiennent aucun habitat d’intérieur, alors que les sites de taille importante maximisent l’habitat intérieur et minimisent l’effet de bordure. Plusieurs espèces animales et végétales requièrent des espaces intérieurs loin des interférences des utilisateurs ou des impacts des espaces ouverts. En terme de design efficace, la forme optimale se rapproche du carré ou du cercle, car elle minimise l’effet de bordure.

Multiplier / La végétation dont la structure est complexe supporte davantage d’espèces qu’une végétation simplifiée. La complexité peut d’abord se mesurer en terme de strate végétale, ainsi un aménagement qui fait appel à l’ensemble des strates de végétation (mousses, plantes herbacées, arbustes, arbres) sera nettement plus complexe et par le fait même attrayant pour la faune. Par exemple, l’aménagement des terre-pleins et des banquettes de rues peut également intégrer des arbres, des arbustes et des plantes herbacées de manière à ce que les trois strates de végétation soient présentes. La complexité se décline aussi dans le choix des espèces, des genres et des familles botaniques. Plus un projet comprend de familles botaniques, plus grand sera le nombre d’organismes qui en bénéficiera. Refuser les monocultures! Ne vous limitez pas à choisir en fonction des genres botaniques et encore moins des cultivars! Ajouter un niveau de sélection supérieur ouvre d’immenses possibilités en terme de biodiversité.

Réalisation

Rapprocher / Bien qu’il soit parfois difficile dans de grands projets de spécifier des sources précises d’approvisionnement pour les végétaux, lorsque cela est possible, les avantages sont considérables. Par exemple, l’origine des semences d’un plant est un facteur qui influence l’adaptabilité de cette plante aux conditions locales. Une espèce indigène au Québec, mais dont les semences proviennent d’Europe ou du Sud-Ouest américain, ne sera jamais aussi bien adaptée qu’une plante issue de semences locales. Il est donc préférable de s’approvisionner auprès de producteurs qui travaillent avec des semences locales. De plus, cela protège le bagage génétique local en évitant l’introduction de gènes différents dont on ignore l’adaptabilité. Questionnez vos fournisseurs pour en savoir davantage.

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la lobélie cardinal est un bon exemple de plante indigène beaucoup plus rustique à partir de semences provenant du Québec.

Entretien

Permettre / Afin d’obtenir des aménagements complexes et résilients, rien de tel que de leur permettre de se transformer. Nos espaces verts et nos jardins sont soumis à une tutelle excessive qui les maintient dans un perpétuel état de dépendance. De plus, les coûts liés à cet entretien continuel sont considérables et de plus en plus remis en question. Afin de favoriser la biodiversité, il est judicieux de faire des choix de végétaux en fonction des conditions d’implantation, mais de permettre l’évolution. Par exemple, laisser pousser l’herbe dans certaines sections des parcs gazonnés puis laisser libre cours à l’établissement des arbustes et des arbres par la suite. Les lieux qui résulteront d’une telle approche constitueront des aménagements nettement plus diversifiés et beaucoup moins fragiles. Cela ne veut pas dire d’abandonner nos parcs et jardins, mais plutôt d’encadrer leur évolution.

 

Une multitude d’autres stratégies probiodiversité existent et nous travaillons actuellement à les recenser. Nous espérons d’ailleurs les promouvoir au fil des prochains bulletins techniques. Par contre, il n’est aucunement nécessaire de tout changer pour obtenir des bénéfices et l’adoption de l’une ou l’autre de ces stratégies constitue déjà une avancée notable. À vous de voir si vous connecterez, maximiserez, multiplierez, rapprocherez ou permettrez!