Coup d’oeil sur les asclépiades indigènes au Québec

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Les asclépiades, ces fleurs que nos aïeux qualifiaient de « p’tits cochons », sont de plus en plus connues des horticulteurs comme du grand public. Les quelque 70 espèces d’asclépiades qui existent en Amérique du Nord sont fascinantes à plusieurs égards, notamment à cause de leur biologie parfois inusitée et de leurs multiples rôles écologiques. Malheureusement, c’est vraisemblablement le déclin des populations de papillons monarques qui a contribué à mousser la popularité du genre. En effet, l’intime relation écologique qui existe entre le papillon monarque et les asclépiades est si fondamentale que la perte d’habitats de ces fleurs est directement liée au déclin des monarques. Les populations mondiales de ce papillon ont d’ailleurs décliné sans relâche au cours des 17 dernières années, atteignant un creux sans précédent en 2013. Il appert notamment que la popularité des cultures résistantes aux herbicides aurait contribué sérieusement au déclin des populations sauvages d’asclépiades au cours des dernières années. Les écologistes s’inquiètent d’ailleurs de l’effet de ces pratiques agricoles sur la population mondiale de monarques. Conséquemment, la protection des populations actuelles d’asclépiades et la mise en place de populations dans de nouveaux habitats font partie des stratégies retenues par les écologistes pour assurer la conservation du papillon monarque.

 

Parmi les espèces d’asclépiades indigènes au Québec, on retrouve des espèces abondantes et rarissimes. En effet, notre flore indigène comporte quatre espèces d’asclépiades que voici.

Asclepias syriaca/Asclépiade de Syrie
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La plus connue est sans contredit l’asclépiade de Syrie. Celle-ci se retrouve en abondance dans les champs et les friches de l’ensemble du sud du Québec, pour le plus grand bonheur des papillons monarques et d’une série d’autres insectes herbivores qui se nourrissent du feuillage. Les asclépiades constituent d’ailleurs la seule et unique source de nourriture pour les chenilles du monarque.

Asclepias incarnata/Asclépiade incarnate
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L’asclépiade incarnate est également une espèce fréquente, mais puisqu’elle est associée aux milieux humides, elle est moins abondante. Sa floraison est plus foncée que celle de l’asclépiade de Syrie et son feuillage moins duveteux. Comme toutes les espèces du genre, elle exsude un latex blanc et collant caractéristique.

Asclepias tuberosa/asclépiade tubéreuse
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La troisième espèce est très rare en milieu naturel au Québec, mais relativement facile à trouver en jardinerie. Il s’agit de l’asclépiade tubéreuse, une espèce typique des prairies du centre du continent. Cette dernière est la plus feuillue de nos asclépiades indigènes. Duveteuse, elle arbore un port trapu et se plaît dans des conditions plus sèches et mieux drainées, telles que le sable ou le gravier. Au Québec, l’espèce est protégée en vertu de la loi sur les espèces menacées ou vulnérables, car il n’existe qu’une seule population naturelle le long de la rivière des Outaouais. Légalement, il est interdit de cultiver, de vendre, acheter ou posséder hors de son milieu naturel la variété interior qui est pourtant le type que vous retrouverez à la jardinerie du coin…

Asclepiade exaltata/Asclépiade très grande
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Quant à la dernière, elle est rare non seulement en nature, mais introuvable en jardinerie. L’asclépiade très grande fait partie des espèces susceptibles d’être désignées par le Gouvernement « plantes menacées ou vulnérables ». Cette espèce, relativement similaire à l’asclépiade de Syrie se retrouve à l’orée des bois ou dans des clairières forestières. Plus grande que sa cousine A. syriaca, elle peut atteindre 150 cm, possède des feuilles plus fines et ovales et des fleurs plus claires qui retombent élégamment de leur ombelle. Tout comme l’asclépiade tubéreuse, elle est beaucoup plus fréquente chez nos voisins du sud.

Sont-elles toxiques?

Effectivement, les asclépiades contiennent des glycosides cardiotoniques qui sont toxiques pour les animaux. On rapporte d’ailleurs des cas de moutons empoisonnés dans l’est des États-Unis. Les agriculteurs vous diront toutefois que les animaux s’intéressent aux asclépiades seulement en cas d’extrême disette et que, généralement, ils contournent les asclépiades pour brouter d’autres plantes au meilleur goût. L’animal qui fait exception est bien entendu le monarque. Non seulement, celui-ci ne s’empoisonne pas, mais il parvient à séquestrer dans son organisme les glycosides cardiotoniques toxiques ce qui le rend lui-même poison pour ses prédateurs, et ce, même une fois transformé en papillon.

 

Objectif monarques

Les horticulteurs et les aménagistes ont un rôle important à jouer dans la conservation du papillon monarque. Les aménagements institutionnels et résidentiels devraient inclure des asclépiades afin de densifier les populations sauvages. Bien que des aménagements spécifiquement destinés aux papillons soient souhaitables, toute utilisation d’asclépiades indigènes dans le cadre d’un aménagement paysager aura son impact. Parmi les pratiques bénéfiques, mentionnons aussi les bandes pour pollinisateurs dans les milieux agricoles. Celles-ci peuvent être semées avec des mélanges de semences qui incluent l’asclépiade de Syrie. Les bénéfices sont alors doublement présents, car ces bandes profitent à la fois aux monarques et aux agriculteurs qui voient leur rendement augmenter grâce à une meilleure pollinisation des cultures. Les emprises d’axes routiers sont aussi d’excellents endroits à cibler pour introduire ou favoriser la présence des asclépiades. Les occasions à saisir sont multiples, il s’agit simplement d’ajouter un « objectif monarques » lors de la planification de tous projets.

 

Et qu’en est-il des cultivars?

Certains cultivars d’asclépiades sont disponibles sur le marché horticole. Bien que l’effet de telles plantes sur la biodiversité soit malheureusement fort peu documenté, on peut émettre l’hypothèse que des plantes sélectionnées en fonction de leur coloration ou de leur aspect esthétique peuvent avoir perdu certains des traits essentiels qui les rendent écologiquement efficaces. En effet, qu’en est-il de la capacité à produire du nectar ou présentent-elles un spectre de coloration trop différente pour que la plante soit perceptible par les papillons qui ne perçoivent pas les mêmes longueurs d’onde de couleurs que les humains? Ces cultivars peuvent également présenter une composition chimique différente ou un bagage génétique distinct qui rend leur utilisation à proximité des populations naturelles hasardeuses.

 

La soie d’Amérique

Fait intéressant à noter qui pourrait avoir un impact positif sur les monarques, l’asclépiade de Syrie jouit depuis quelques années d’un regain de popularité sans précédent alors qu’elle passe du statut de mauvaises herbes à celui de plante cultivée. Des agriculteurs, de plus en plus nombreux au Québec, lui destinent des champs de culture afin d’approvisionner un certain nombre d’entreprises fabriquant des produits à partir des soies. Celles-ci ont des qualités isolantes remarquables de même que des capacités d’absorption des liquides qui les rendent intéressantes pour éponger des déversements, notamment d’huile, de mazout ou d’autres produits. Les récits historiques entourant la seconde Grande Guerre rapportent que des millions de livres de soies d’asclépiades ont été utilisées par l’industrie militaire au cours des années quarante afin de fabriquer des gilets et d’autres équipements de flottaison. Avant l’utilisation des fibres synthétiques, les gilets de flottaison étaient surtout fabriqués à partir du kapok, mais l’origine essentiellement asiatique de ce produit rendait l’approvisionnement complexe en ces temps de conflits mondiaux.

Pour en apprendre davantage

Guide sur les asclépiades publié par la Société Xerces. En anglais seulement.
http://www.xerces.org/wp-content/uploads/2014/06/Milkweeds_XerSoc_june2014.pdf

 

Mélange de Semences Indigo de plantes mellifères vivaces incluant l’asclépiade de Syrie

http://www.horticulture-indigo.com/boutique/melange-de-semences-indigo-plantes-melliferes-vivaces/

 

Information du Gouvernement fédéral

http://notesdelacolline.ca/2015/05/29/le-declin-de-la-population-de-monarques-reponses-gouvernementales/


Portes ouvertes 2016

ATTENTION À TOUS LES AMATEURS DE PLANTES INDIGÈNES! LES JOURNÉES PORTES OUVERTES 2016 SONT REPORTÉES À UNE DATE INDÉTERMINÉE. NOUS VOUS FERONS PART D’UN NOUVEAU PROJET TRÈS PROCHAINEMENT. SUIVEZ-NOUS POUR EN SAVOIR DAVANTAGE…

Nos prochaines journées portes ouvertes se tiendront les samedi et dimanche 10 et 11 septembre prochains.

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Ces journées sont destinées à tous les amateurs de plantes indigènes qui souhaitent se procurer des plants et visiter notre site de production.

Profitez de cette occasion pour

  • Venir chercher votre commande
  • Vous procurer des plantes à coût modique
  • Vous procurer des Semences Marie-Victorin
  • Rencontrer les producteurs
  • Visiter nos installations

Il nous fera plaisir de vous indiquer les endroits où casser la croûte dans les parages ainsi que d’autres sites à visiter dans le secteur.

Aucune inscriptions requises.

Samedi le 10 septembre de 10h00 à 15h00

Dimanche le 11 septembre de 10h00 à 15h00

 

Voici la carte Google à utiliser pour obtenir un itinéraire.

Afficher Horticulture Indigo sur une carte plus grande


Par ici les semences indigènes!

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Indigo participe à plusieurs fêtes des semences cet hiver. Ces rassemblements festifs qui précèdent le sprint horticole printanier constituent l’occasion idéale de vous procurer nos Semences Marie-Victorin. D’ailleurs, c’est un plaisir inaltérable de côtoyer tous ces amateurs de semis et plantules à qui l’on fait découvrir, à travers la profusion de kiosques de semences potagères, notre assortiment de plantes indigènes à semer.

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Alors à vous tous qui rêvez de cotylédons la nuit dans votre sommeil, voici les événements auxquels nous serons présents cette année.

Fêtes des semences au Jardin botanique de Montréal

du 12 au 14 février 2016
plus de détails ici

Fêtes des semences de Sawyerville

Samedi le 20 février 2016
détails à venir

Fête des semences de L’Estrie

27 et 28 Février 2016
Serres St-Élie, 4675 boul Industriel, Sherbrooke

Fêtes des semences et de l’agriculture urbaine de Québec

Dimanche le 6 mars
Plus de détails : ici


Sélections 2016

sélection 2016

Des indigènes triomphantes dont vous ne pourrez plus vous passer!

C’est avec une grande joie que nous vous présentons notre sélection Indigo 2016. Encore une fois cette année, cette sélection incarne confiance et performance et toutes les espèces qui joignent les rang des Sélections au fil des années constituent des valeurs sures pour vos projets d’aménagements.

Oubliez Stella de Oro et Karl Foerster (avouez que vous en avez marre vous aussi!) et optez pour des espèces tout aussi fiables mais issues de notre patrimoine végétal!

Cette année, trois espèces indigènes sont intronisées au panthéon Indigo. Bien sûr, nous vous les présenterons chacune avec une foule de détails au cours de la saison, mais voici déjà un aperçu de leur nature.

 

deschampsia flexuosa selection 2016

L’Avenella flexuosa, également cornue sous le nom de Deschampsia flexuosa. Cette graminée d’une rusticité exceptionnelle est rustique jusqu’en zone 1. Elle se plaît à la mi-ombre comme en plein soleil. Sa floraison peut atteindre jusqu’à 80 cm, mais elle possède un port généralement plus compact. Une solide dure à cuire. La voir au catalogue.

Uvularia grandiflora sélection 2016

L’Uvularia grandiflora que l’on nomme en français l’uvulaire à grandes fleurs. Cette belle espèce forestière se plaît dans l’ombre dense et à la mi-ombre. Il s’agit d’un bijou qui illumine les endroits sombres tant par sa floraison éclatante que par son feuillage vert lumineux. La voir au catalogue.

viola blanda

Et finalement, la Viola blanda que l’on nomme gentiment violette agréable en français. Il est vrai qu’elle a tout pour plaire! Rustique jusqu’en zone 2, cette espèce passe-partout est parfaite pour la création de couvre-sol tapissant. La voir au catalogue.

L’année dernière, nous vous avons proposé quatre espèces dans notre Sélection Indigo. Pour les revoir, cliquez sur les liens:
L’aralie à grappes;
le carex dorée;
la corydale toujours vertes et
l’iris à pétales aigus.

 

Que pensez-vous de nos Sélections 2016? N’hésitez pas à commenter! 

 

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