L’évolution d’une prairie sauvage

prairie monardes

Aujourd’hui, nous partageons la réponse que nous avons donnée à une cliente préoccupée par l’abondance de monardes dans sa prairie sauvage semée il y a deux ans. Nous espérons que certains d’entre vous trouveront là des réponses à cette fréquente interrogation.


Madame D: Voici une photo de notre pré fleuri, après 2 ans.

C’est étrange on dirait qu’il y a que des Monarda Fistulosa qui ont poussé en abondance. Où sont les autres plantes? C’est quand même de toute beauté. Quand pensez-vous?

Indigo: Chère Madame D,

Merci de nous avoir contactés à ce sujet et merci également pour les photos. Les prairies sauvages sont des aménagements fluctuants et évolutifs. Ils s’adaptent à la nature du sol, se transforment selon l’ensoleillement, la pluviosité et plusieurs autres facteurs. Même si les mélanges de semences contiennent une variété de plantes, elles ne sont pas toutes en mesure de s’épanouir au même degré. Certaines espèces vont carrément voler la vedette, comme vos monardes cette année, pour régresser et laisser place à d’autres espèces plus tard lorsque la prairie de modifie avec l’âge. Une prairie de 2 ans est bien jeune et risque fort d’évoluer encore de manière étonnante.

Il est impossible de prévoir le résultat final et, de toute façon, il n’y a pas de finalité, puisque le milieu se transforme constamment. Néanmoins, des actions sont possibles si le résultat s’éloigne de votre objectif. Il est possible de faucher à des périodes différentes chaque année pour encourager la diversité. Il est également possible de procéder à la plantation de plantes matures au travers de votre prairie sauvage déjà en place. Que vous optiez pour l’une ou l’autre de ces actions, il ne faut pas négliger la fauche annuelle. Celle-ci doit se faire à la fin de la saison, trois années sur quatre et, justement dans la perspective d’encourager la prairie à se renouveler, très tôt au printemps tous les quatre ans environ. L’automne, on laisse les débris de taille sur place, mais au printemps on les retire pour favoriser la germination des semences en dormance.

Nous espérons que ces quelques explications vous offriront de nouvelles perspectives pour apprécier votre prairie sauvage. Surtout, n’hésitez pas si vous avez d’autres questions.


Et vous aussi, si comme Mme D vous avez des questions au sujet de votre prairie sauvage, faites-nous le savoir, nous sommes toujours heureux de vous aider dans l’entretien et la compréhension de votre aménagement.


Coup d’oeil sur les asclépiades indigènes au Québec

asclepiades_du_quebec

 

Les asclépiades, ces fleurs que nos aïeux qualifiaient de « p’tits cochons », sont de plus en plus connues des horticulteurs comme du grand public. Les quelque 70 espèces d’asclépiades qui existent en Amérique du Nord sont fascinantes à plusieurs égards, notamment à cause de leur biologie parfois inusitée et de leurs multiples rôles écologiques. Malheureusement, c’est vraisemblablement le déclin des populations de papillons monarques qui a contribué à mousser la popularité du genre. En effet, l’intime relation écologique qui existe entre le papillon monarque et les asclépiades est si fondamentale que la perte d’habitats de ces fleurs est directement liée au déclin des monarques. Les populations mondiales de ce papillon ont d’ailleurs décliné sans relâche au cours des 17 dernières années, atteignant un creux sans précédent en 2013. Il appert notamment que la popularité des cultures résistantes aux herbicides aurait contribué sérieusement au déclin des populations sauvages d’asclépiades au cours des dernières années. Les écologistes s’inquiètent d’ailleurs de l’effet de ces pratiques agricoles sur la population mondiale de monarques. Conséquemment, la protection des populations actuelles d’asclépiades et la mise en place de populations dans de nouveaux habitats font partie des stratégies retenues par les écologistes pour assurer la conservation du papillon monarque.

 

Parmi les espèces d’asclépiades indigènes au Québec, on retrouve des espèces abondantes et rarissimes. En effet, notre flore indigène comporte quatre espèces d’asclépiades que voici.

Asclepias syriaca/Asclépiade de Syrie
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La plus connue est sans contredit l’asclépiade de Syrie. Celle-ci se retrouve en abondance dans les champs et les friches de l’ensemble du sud du Québec, pour le plus grand bonheur des papillons monarques et d’une série d’autres insectes herbivores qui se nourrissent du feuillage. Les asclépiades constituent d’ailleurs la seule et unique source de nourriture pour les chenilles du monarque.

Asclepias incarnata/Asclépiade incarnate
chenille-monarque_2

L’asclépiade incarnate est également une espèce fréquente, mais puisqu’elle est associée aux milieux humides, elle est moins abondante. Sa floraison est plus foncée que celle de l’asclépiade de Syrie et son feuillage moins duveteux. Comme toutes les espèces du genre, elle exsude un latex blanc et collant caractéristique.

Asclepias tuberosa/asclépiade tubéreuse
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La troisième espèce est très rare en milieu naturel au Québec, mais relativement facile à trouver en jardinerie. Il s’agit de l’asclépiade tubéreuse, une espèce typique des prairies du centre du continent. Cette dernière est la plus feuillue de nos asclépiades indigènes. Duveteuse, elle arbore un port trapu et se plaît dans des conditions plus sèches et mieux drainées, telles que le sable ou le gravier. Au Québec, l’espèce est protégée en vertu de la loi sur les espèces menacées ou vulnérables, car il n’existe qu’une seule population naturelle le long de la rivière des Outaouais. Légalement, il est interdit de cultiver, de vendre, acheter ou posséder hors de son milieu naturel la variété interior qui est pourtant le type que vous retrouverez à la jardinerie du coin…

Asclepiade exaltata/Asclépiade très grande
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Quant à la dernière, elle est rare non seulement en nature, mais introuvable en jardinerie. L’asclépiade très grande fait partie des espèces susceptibles d’être désignées par le Gouvernement « plantes menacées ou vulnérables ». Cette espèce, relativement similaire à l’asclépiade de Syrie se retrouve à l’orée des bois ou dans des clairières forestières. Plus grande que sa cousine A. syriaca, elle peut atteindre 150 cm, possède des feuilles plus fines et ovales et des fleurs plus claires qui retombent élégamment de leur ombelle. Tout comme l’asclépiade tubéreuse, elle est beaucoup plus fréquente chez nos voisins du sud.

Sont-elles toxiques?

Effectivement, les asclépiades contiennent des glycosides cardiotoniques qui sont toxiques pour les animaux. On rapporte d’ailleurs des cas de moutons empoisonnés dans l’est des États-Unis. Les agriculteurs vous diront toutefois que les animaux s’intéressent aux asclépiades seulement en cas d’extrême disette et que, généralement, ils contournent les asclépiades pour brouter d’autres plantes au meilleur goût. L’animal qui fait exception est bien entendu le monarque. Non seulement, celui-ci ne s’empoisonne pas, mais il parvient à séquestrer dans son organisme les glycosides cardiotoniques toxiques ce qui le rend lui-même poison pour ses prédateurs, et ce, même une fois transformé en papillon.

 

Objectif monarques

Les horticulteurs et les aménagistes ont un rôle important à jouer dans la conservation du papillon monarque. Les aménagements institutionnels et résidentiels devraient inclure des asclépiades afin de densifier les populations sauvages. Bien que des aménagements spécifiquement destinés aux papillons soient souhaitables, toute utilisation d’asclépiades indigènes dans le cadre d’un aménagement paysager aura son impact. Parmi les pratiques bénéfiques, mentionnons aussi les bandes pour pollinisateurs dans les milieux agricoles. Celles-ci peuvent être semées avec des mélanges de semences qui incluent l’asclépiade de Syrie. Les bénéfices sont alors doublement présents, car ces bandes profitent à la fois aux monarques et aux agriculteurs qui voient leur rendement augmenter grâce à une meilleure pollinisation des cultures. Les emprises d’axes routiers sont aussi d’excellents endroits à cibler pour introduire ou favoriser la présence des asclépiades. Les occasions à saisir sont multiples, il s’agit simplement d’ajouter un « objectif monarques » lors de la planification de tous projets.

 

Et qu’en est-il des cultivars?

Certains cultivars d’asclépiades sont disponibles sur le marché horticole. Bien que l’effet de telles plantes sur la biodiversité soit malheureusement fort peu documenté, on peut émettre l’hypothèse que des plantes sélectionnées en fonction de leur coloration ou de leur aspect esthétique peuvent avoir perdu certains des traits essentiels qui les rendent écologiquement efficaces. En effet, qu’en est-il de la capacité à produire du nectar ou présentent-elles un spectre de coloration trop différente pour que la plante soit perceptible par les papillons qui ne perçoivent pas les mêmes longueurs d’onde de couleurs que les humains? Ces cultivars peuvent également présenter une composition chimique différente ou un bagage génétique distinct qui rend leur utilisation à proximité des populations naturelles hasardeuses.

 

La soie d’Amérique

Fait intéressant à noter qui pourrait avoir un impact positif sur les monarques, l’asclépiade de Syrie jouit depuis quelques années d’un regain de popularité sans précédent alors qu’elle passe du statut de mauvaises herbes à celui de plante cultivée. Des agriculteurs, de plus en plus nombreux au Québec, lui destinent des champs de culture afin d’approvisionner un certain nombre d’entreprises fabriquant des produits à partir des soies. Celles-ci ont des qualités isolantes remarquables de même que des capacités d’absorption des liquides qui les rendent intéressantes pour éponger des déversements, notamment d’huile, de mazout ou d’autres produits. Les récits historiques entourant la seconde Grande Guerre rapportent que des millions de livres de soies d’asclépiades ont été utilisées par l’industrie militaire au cours des années quarante afin de fabriquer des gilets et d’autres équipements de flottaison. Avant l’utilisation des fibres synthétiques, les gilets de flottaison étaient surtout fabriqués à partir du kapok, mais l’origine essentiellement asiatique de ce produit rendait l’approvisionnement complexe en ces temps de conflits mondiaux.

Pour en apprendre davantage

Guide sur les asclépiades publié par la Société Xerces. En anglais seulement.
http://www.xerces.org/wp-content/uploads/2014/06/Milkweeds_XerSoc_june2014.pdf

 

Mélange de Semences Indigo de plantes mellifères vivaces incluant l’asclépiade de Syrie

http://www.horticulture-indigo.com/boutique/melange-de-semences-indigo-plantes-melliferes-vivaces/

 

Information du Gouvernement fédéral

http://notesdelacolline.ca/2015/05/29/le-declin-de-la-population-de-monarques-reponses-gouvernementales/


Portes ouvertes 2016

ATTENTION À TOUS LES AMATEURS DE PLANTES INDIGÈNES! LES JOURNÉES PORTES OUVERTES 2016 SONT REPORTÉES À UNE DATE INDÉTERMINÉE. NOUS VOUS FERONS PART D’UN NOUVEAU PROJET TRÈS PROCHAINEMENT. SUIVEZ-NOUS POUR EN SAVOIR DAVANTAGE

Nos prochaines journées portes ouvertes se tiendront les samedi et dimanche 10 et 11 septembre prochains.

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Ces journées sont destinées à tous les amateurs de plantes indigènes qui souhaitent se procurer des plants et visiter notre site de production.

Profitez de cette occasion pour

  • Venir chercher votre commande
  • Vous procurer des plantes à coût modique
  • Vous procurer des Semences Marie-Victorin
  • Rencontrer les producteurs
  • Visiter nos installations

Il nous fera plaisir de vous indiquer les endroits où casser la croûte dans les parages ainsi que d’autres sites à visiter dans le secteur.

Aucune inscriptions requises.

Samedi le 10 septembre de 10h00 à 15h00

Dimanche le 11 septembre de 10h00 à 15h00

 

Voici la carte Google à utiliser pour obtenir un itinéraire.

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