fév
15
Par Indigo
Catégories : Bulletins techniques
Tags : bulletin, caractéristiques particulières, Mélanges de semences
Le blogue des gens qui aiment les plantes indigènes
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15

Le chlorure de sodium utilisé pour le déglaçage des routes en hiver peut causer d’importants dommages aux végétaux. Les quantités de sels qui se concentrent dans les premiers mètres au bord des routes atteignent facilement des degrés de toxicité qui rendent la croissance et même la survie des végétaux impossibles. Qui n’a pas déjà été témoin de gazons jaunis à la fonte des neiges, vraisemblablement brulés par l’excès de sel. Même les embruns salins provenant de la friction des pneus sur la chaussée occasionnent des dommages aux plantes, et ce bien au-delà des abords de la route. Par exemple, les dégâts causés par le sel aux cellules des branches d’arbres occasionnent des embranchements désorganisés que l’on qualifie de balais de sorcières et ceux-ci sont nettement plus abondants le long des routes. Certains végétaux peuvent néanmoins tolérer de très forts taux de salinité. C’est d’ailleurs parmi ces espèces robustes qu’Horticulture Indigo a puisé pour créer son mélange de graminées résistantes au sel, le mélange Indigo Gramisel.
Les effets du sel se font sentir sur le système racinaire des graminées de même que sur les parties aériennes. Les racines tendent à se déshydrater lorsque la concentration de sel est supérieure à l’extérieur des cellules racinaires qu’elle ne l’est à l’intérieur de la cellule elle-même. Au niveau foliaire, le sel interfère avec la production de chlorophylle, ce qui réduit considérablement la photosynthèse. Autant de phénomènes qui peuvent mener à la mort des plants. Certaines plantes peuvent tolérer d’assez fort taux de sel, alors que d’autres n’ont aucune tolérance. La tolérance au sel peut également varier en fonction de la saison de même qu’en rapport avec le stade de croissance. Par exemple, les graines de certaines espèces ne germeront pas si le sol est trop salé alors que la même espèce, une fois mature, peut tolérer davantage de salinité. Les études tendent également à démontrer que les espèces vivaces présentent une plus grande tolérance que les espèces annuelles. Tous ces facteurs ont été pris en considération pour la création de notre mélange Indigo Gramisel.
Parmi les espèces qui composent ce mélange, on retrouve des espèces indigènes dont la tolérance à la salinité est très grande, telles que la danthonie à épi (Danthonia spicata) et l’orge agréable (Hordeum jubatum). Toutefois, il était impossible de composer un mélange abordable de graminées résistantes au sel qui soit entièrement composé d’espèces indigènes. La conception du mélange nécessitait donc le recours à des espèces exotiques tolérantes qui ont été sélectionnées parmi les espèces déjà présentes au Québec. Par exemple, les ivraies (Lolium spp.), l’agrostide stolonifère (Agrostis stolonifera) de même qu’une des championnes de la résistance au sel, la puccinellie à fleurs distantes (Puccinellia distans).
Une fois implanté, ce mélange peut être tondu périodiquement, à la manière d’une pelouse traditionnelle, mais il peut également être laissé non tondu afin d’arborer son port naturel. Composé d’espèces traçantes et d’espèces cespiteuses, le mélange offre à la fois une bonne couverture et un certain relief. Plusieurs espèces à germination rapide assurent une implantation efficace et en présence d’un taux de matière organique adéquat, la couverture complète est atteinte en une saison de croissance.
Pour les prix et d’autres détails, consultez la fiche technique de notre catalogue en ligne : Mélange Indigo Gramisel.
fév
8
Dans le magazine Nursery Management de novembre 2011, un bref article décrit le programme American Beauties auquel participent plusieurs pépinières américaines de plantes indigènes. Jetez un coup d’œil sur le lien suivant si cela vous intéresse. Il est clair qu’un programme similaire serait bénéfique pour l’industrie horticole ici au Québec. La Fondation de la Faune? La Société Provancher? Nature Québec? Quel organisme pourrait en bénéficier selon vous?
jan
15
La majorité des mélanges de semences que nous offrons présentent de meilleurs taux de germination lorsqu’on les sème à la toute fin de l’automne. Ceci s’explique notamment par un mécanisme naturel astucieux qui s’est développé au fil de l’évolution et que l’on nomme la stratification. En effet, sous nos latitudes, les graines de plusieurs espèces vivaces connaissent une période de dormance qui retarde leur germination. Cela permet aux graines qui tombent au sol en automne d’attendre des conditions favorables avant de germer. Ainsi, à l’automne, ces graines ne produiront pas de plantules qui seraient trop fragiles pour passer l’hiver. Dans la plupart des cas, un période de froid et d’humidité provoque la levée de cette dormance. À l’extérieur, cela advient naturellement avec l’hiver. Toutefois, il est possible d’obtenir une stratification artificielle relativement facilement.
La stratification artificielle se fait en conditions contrôlées. Le principal avantage de cette technique est de permettre de semer au moment désiré tout en obtenant grosso modo les mêmes avantages qu’avec un semis d’automne. Voici des raisons fréquentes de recourir à la stratification artificielle :


1. Mouiller la vermiculite avec suffisamment d’eau pour bien l’humidifier, mais en évitant de la détremper.

2. Pour vérifier si le taux d’humidité est adéquat, presser une poignée du mélange dans la main. La poignée pressée doit s’agglutiner moyennement, mais il ne doit pas y avoir d’eau qui dégoutte. Si c’est le cas, il y a trop d’eau et il faut ajouter de la vermiculite sans quoi les semences risquent de moisir.

3. Lorsque le mélange a la bonne teneur en eau, incorporer les semences.
Placer ce mélange dans un sac et fermer au moyen d’une attache ou de la fermeture à glissière.

4. À l’aide du marqueur, indiquer la date et le nom du mélange.
5. Entreposer au frigo ou dans une chambre froide à l’abri du gel où la température ne dépasse pas 8°C pour une période de 8 à 12 semaines.
6. Noter à l’agenda la date de fin de la stratification du mélange pour ne pas l’oublier.
7. Entretemps, surveiller périodiquement pour s’assurer qu’il n’y a pas de moisissures qui se développent ou que le mélange n’est pas trop sec. Si tel est le cas ajouter, un peu d’eau, par exemple en vaporisant le mélange.
Une fois la période de stratification terminée, il suffit de semer le mélange sans enlever la vermiculite ou le sable. Cela peut se faire à la main ou par hydro-ensemencement. Les semoirs mécaniques sont déconseillés, car les mélanges stratifiés sont humides et adhèrent aux parois des semoirs. Il y a par contre une précaution importante à prendre, les semences ainsi stratifiées sont très sensibles à la déshydratation. Il faut impérativement arroser le semis jusqu’à ce que les plantules commencent à se développer sans quoi les graines risquent de périr (voir le tableau 4 du Guide d’implantation des mélanges de semences pour prairies sauvages).
Les mélanges stratifiés artificiellement ne peuvent rester indéfiniment en attente. Le démarrage de la stratification enclenche des mécanismes qui mènent à la germination et certaines espèces indigènes vont germer directement dans les sacs au frigo si elles demeurent en traitement trop longtemps ! Afin de s’assurer que le site sera prêt à recevoir le mélange au printemps, le tableau suivant vaut d’être consulté.

Cette technique facile est à la portée de tous, mais si cela vous semble fastidieux, pourquoi ne pas profiter de notre service de stratification ? Sur demande, Indigo peut stratifier les mélanges de semences à un coût plus que raisonnable et vous les livrer juste à temps pour votre semis.
Bonne stratification !
déc
15

Comme annoncé en début d’année avec notre portrait sur l’orge agréable, ce quatrième portrait de plantes de 2011 clôt notre série sur les espèces appropriées pour des usages de phytotechnologies. Bien entendu, davantage de plantes indigènes que les quatre que nous vous avons présentées cette année sont adéquates en raison de leurs capacités techniques, mais nous souhaitions surtout ouvrir brièvement une fenêtre sur un monde de possibilités sous-estimées plutôt que de faire le tour du sujet de manière exhaustive.
De la famille des Poacées, cette espèce méconnue présente un port dense et généralement touffu principalement à cause de ses amples feuilles raides, plus larges que la plupart des feuilles de graminées. Cette caractéristique lui donne un air de famille avec les bambous nains, pourtant bien éloignés géographiquement et taxonomiquement. Cette masse de feuillage persiste habituellement tout l’hiver et offre d’ailleurs de très beaux coloris d’automne. Son système racinaire est constitué de nombreux rhizomes courts, mais forts. De taille moyenne, le panic clandestin pourrait atteindre jusqu’à un mètre cinquante. Toutefois, en plus de quinze ans de production et d’herborisation, les sujets que nous avons produits et rencontrés en nature font généralement beaucoup moins et atteignent plutôt 30 à 90 cm. La densité de son feuillage à tendance persistante en fait une plante à bon potentiel faunique, car elle peut abriter de nombreux petits mammifères ainsi que des oiseaux pendant la majeure partie de l’année.
En nature, on remarque que le panic clandestin fréquente des habitats très diversifiés allant des frais abords forestiers aux terrains vagues hostiles en passant par les rivages et les clairières. En effet, cette espèce tolère une variété de conditions ce qui la rend particulièrement polyvalente. Elle peut notamment croitre dans des sols de textures très variées allant des argiles aux sables. Elle s’adapte facilement aux variations du taux d’humidité dans le sol, bien qu’elle tende à s’établir plus fréquemment dans des sols frais. Fait important, elle détient un avantage certain en matière de phytotechnologies, car elle pousse aisément dans des sols à forte teneur en contaminants dont l’aluminium de même que des sols au pH aussi étendu que 3.8 à 7.5.
Par l’ensemble de ces caractéristiques, cette plante se prête à nombre d’utilisations de phytotechnologies dont les principales sont la stabilisation des sols et la phytoremédiation. Souvent utilisé pour stabiliser et végétaliser les friches industrielles et les résidus miniers, le panic clandestin est généralement combiné à d’autres graminées, principalement des espèces de climat froid afin de compenser sa vitesse de démarrage plutôt lente en début de saison, car il s’agit d’une espèce qui donne son plein rendement surtout par temps chaud. Le panic clandestin est un ingrédient de choix pour les mélanges de stabilisation des pentes surtout si les sols sont sableux et infertiles.
Plusieurs recherches font état de son bon potentiel en matière de phytoremédiation, la capacité à décontaminer les sols, notamment par rhizodégradation, un mécanisme qui se produit au niveau racinaire. Ainsi, on rapporte que des matières telles que le cadmium, le zinc, des biphényles polychlorés (BPC) et des pyrènes ont pu être extraites du sol grâce au panic clandestin.
1. Système racinaire du Dichanthelium clandestinum.
En conclusion, il s’agit véritablement d’une espèce prometteuse pour des applications de phytotechnologies, car elle combine des qualités ornementales indéniables ainsi que des capacités techniques avérées. D’ailleurs, cette graminée fait partie de notre toute nouvelle collection « Biorétention », un regroupement de 10 espèces pouvant être cultivées dans des sols poreux réduisant ainsi le volume des eaux de ruissèlement tout en filtrant un bon nombre de contaminants.
Famille : Poacées
Nom latin : Dichanthelium clandestinum (Linnaeus) Gould & C.A. Clark
Synonyme : Panicum clandestinum Linnaeus
Nom français : Panic clandestin
Nom anglais : Deertongue grass
Rusticité : Zone 4
Lumière : En plein soleil ou à la mi-ombre
Floraison : fleurs verdâtres de mai à septembre
Hauteur minimum : 30 cm
Hauteur maximum : 150 cm (rarement plus de 100 cm)
Largeur : 40 cm
Taux de plantation au m² : 8 à 10 plants
Humidité : Sol sec, frais, humide ou détrempé
Habitat : Rivages, abords forestiers et éclaircis, terrains vagues, généralement en sol sableux
Avantages : Espèce polyvalente, capacités techniques démontrées, bon potentiel faunique, qualités ornementales
Applications possibles : Bandes riveraines, phytoremédiation, stabilisation des sols, végétalisation de résidus miniers et de friches industrielles
Utilisation au jardin : Haies basses, jardin d’eau, s’utilise surtout en massifs.
nov
15
Comme tous les ans à pareille date, nous vous présentons nos nouveautés indigènes pour la prochaine saison. Celles-ci figurent au nouveau catalogue et seront disponibles dès le printemps prochain. Cette année, Indigo vous propose 14 nouveaux produits sous le signe de la variété, soit :
Voici donc les liens vers nos primeurs 2012 ainsi que quelques informations en bonus, mais d’abord nous souhaitons attirer votre attention sur le fait que désormais, nos deux catalogues (végétaux et semences) sont maintenant regroupés en un seul. En effet, le Magalogue Indigo 2012, à mi-chemin entre un magazine et un catalogue conventionnel, présente l’ensemble de nos produits. Pour l’obtenir, cliquez ici :
Si vous souhaitez obtenir les prix, ils sont disponibles sur le site Internet. Pour les prix professionnels, n’oubliez pas d’entrer votre nom d’utilisateur et votre mot de passe et si vous n’en avez pas, contactez-nous sans tarder!
Voici notre nouvel ensemble de 10 espèces adaptées aux aménagements de biorétention, dont le trichophorum des Alpes, le panic clandestin et l’anémone du Canada. Ces plantes sont adaptées aux variations d’humidité, résistent aux principaux polluants de l’eau de ruissèlement et poussent facilement dans des substrats granulaires.
DÉCOUVRIR la collection biorétention
Nous sommes heureux de vous offrir enfin le polystic de Braun, une espèce remarquable par ses frondes vigoureuses disposées en couronne dense.
DÉCOUVRIR Polystichum braunii.
Nos trois nouvelles espèces de « graminées » destinées à des habitats bien différents font maintenant partie de la famille.
Pour les milieux humides, nous vous proposons le scirpe à noeuds rouges;
pour les milieux maritimes et salins le scirpe maritime;
et pour les milieux forestiers, ou encore les jardins d’ombre où sa splendeur naturelle sera très appréciée, nous vous proposons le brachyélytre du Sud.
Découvrez-les tous les trois :
DÉCOUVRIR Scirpus microcarpus
DÉCOUVRIR Bolboschoenus maritimus
DÉCOUVRIR Brachyelytrum erectum
HERBACÉES VIVACES
Nous en avons pour tous les gouts avec nos nouvelles vivaces. Deux espèces bien connues et aimées de tous, soit la sarracénie pourpre et l’hépatique à lobes aigus, et une innovation à découvrir, la drave glabre. Nos sarracénies s’envolent comme des petits pains chauds hâtez-vous d’en commander!
DÉCOUVRIR Sarracenia purpurea
DÉCOUVRIR Anemone acutiloba
DÉCOUVRIR Draba glabella.
Pour les nostalgiques des tonnelles fleuries d’antan, voici une annuelle qui n’a pas son pareil.
DÉCOUVRIR Echinocystis lobata
Un ajout astucieux dans notre collection d’orpins, l’orpin sexangulaire qui tolère autant le soleil que l’ombre.
DÉCOUVRIR Sedum sexangulare
Nous faisons rarement la promotion d’espèces naturalisées, préférant nous en tenir aux indigènes, mais voici une espèce que nous sommes heureux de pouvoir enfin offrir : le trèfle pied-de-lièvre. Les aménagistes seront ravis de découvrir ce trèfle vivace utilisé pour le contrôle de l’herbe à poux dans les emprises routières. Sa préférence pour les sols secs, incultes et sableux en fait une plante résistante.
DÉCOUVRIR Trifolium arvense
Nos trois nouveaux mélanges répondent à des demandes fréquentes de nos clients.
1) Un mélange de graminées qui tolère le sel : Mélange Indigo Gramisel.
2) Un mélange de stabilisation qui contient uniquement des indigènes : Mélange Indigo Stabilisation Indigène.
3) Un mélange pour les pollinisateurs pouvant s’établir en sol argileux : Mélange Indigo Ultra-pollinisation Argile.
Voilà à quoi ressemblent nos nouveautés. Si vous avez des questions au sujet de l’un ou l’autre de ces produits, n’hésitez pas à nous contacter.
Merci encore de l’intérêt que vous portez à nos produits!
Les indigents, à votre service!oct
15
Au printemps 2009, Indigo fut invité à contribuer à l’un des projets de recherche de la Fiducie de recherche sur la forêt des Cantons-de-l’Est. Ce projet, mené par l’étudiante à la maitrise Kathleen Boothroyd-Roberts sous la direction de Daniel Gagnon Ph.D. et de Benoît Truax Ph.D., avait recours notamment à des plantes herbacées forestières de notre production afin de vérifier la qualité de l’habitat forestier fourni par des plantations de peupliers hybrides.
C’est toujours avec beaucoup d’enthousiasme que nous participons aux projets des chercheurs d’ici, surtout lorsqu’il est question d’écologie et d’environnement. Vous communiquer les résultats constitue également un aspect que nous apprécions, car il est de notre mission de faire la promotion des utilisations possibles des espèces indigènes. Notre intention première était de vous faire connaitre le projet et ses résultats par le biais de notre bulletin technique, mais après avoir pris connaissance de l’article de l’équipe de chercheurs publié dans le magazine Progrès forestier de l’automne 2010, force est de constater que cet article fait tellement bien le tour de la question qu’il est plus sensé de vous inviter à le lire que de tenter de le réécrire!
Si la question de produits forestiers non ligneux (PFNL) et la foresterie en générale vous intéressent, nous vous invitons fortement à prendre connaissance de ce document : Une nouvelle vie pour les plantes forestières
sept
15
Un peu partout dans la province, de nombreux efforts sont déployés afin d’améliorer la gestion écologique des espaces verts. Dans cette optique, l’intégration de prairies sauvages dans la trame urbaine apparait comme une solution des plus intéressantes. Toutefois, bien que ces aménagements permettent de favoriser la biodiversité et de réduire les frais d’entretien, leur acceptation par le public constitue bien souvent un défi considérable.
L’implantation d’une prairie sauvage vivace à partir de semences exige patience et réalisme, car les espèces vivaces à fleurs ont besoin de temps et d’espace pour s’établir. La première année, le semis a généralement une apparence clairsemée et dégarnie. La terre est bien visible sur l’ensemble du site et les plantules sont petites. C’est l’étape la plus difficile à faire apprécier en raison de son aspect visuel. La deuxième année, la partie aérienne des plantes commence à croitre, mais le coup d’œil n’est pas encore très réjouissant[1]. Autrement, ce n’est qu’à partir de la troisième année qu’une prairie sauvage commence à fleurir de façon notable et qu’elle s’approche de son plein potentiel[2].

Les deux premières années d’implantation constituent donc une période ingrate au cours de laquelle l’aspect visuel du site risque davantage de heurter les citoyens qui côtoient couramment ce paysage en mutation. Afin de favoriser leur compréhension et leur tolérance, il est indispensable de mettre en place un programme d’information et de sensibilisation. Citons à titre d’exemple le projet de l’arrondissement Saint-Laurent et de la Direction de l’environnement et du développement durable de la Ville de Montréal. Au printemps 2011, ces deux organismes se sont associés pour mettre en place un projet expérimental visant à contrôler les mauvaises herbes sur un terreplein localisé sur le boulevard Thimens au nord du boulevard Henri-Bourassa Ouest. Simultanément à l’ensemencement de mélanges pour prairies sauvages d’Indigo, un solide plan de communication a été mis en place pour sensibiliser les citoyens sur ce projet ainsi que sur les mauvaises herbes en général. Parmi les actions entreprises, des articles informatifs sont parus dans les journaux locaux et le bulletin de l’arrondissement. Aussi, de grands panneaux signalétiques ont été installés aux abords du site à des endroits bien visibles pour faire connaitre le projet à la communauté. De plus, un dossier spécial sur les mauvaises herbes comprenant un résumé du projet-pilote a été mis en ligne sur le site internet de la ville (www.ville.montreal.qc.ca/mauvaisesherbes). À plus long terme, puisque l’arrondissement Saint-Laurent souhaite implanter un corridor naturel sur les terrepleins de ce secteur sur une distance d’environ quatre kilomètres, il est donc judicieux de miser sur de tels outils afin d’assurer l’acceptation et la réussite du projet.

Outre les moyens utilisés par ce projet, d’autres avenues sont à considérer dans une perspective de sensibilisation des citoyens. En effet, l’implication de groupes locaux permet également de faciliter l’acceptation de la période d’implantation de la prairie. Faire participer aux travaux d’entretien les groupes communautaires de la région, tels que les scouts, les maisons de jeunes, les groupes scolaires ou autres assure une meilleure compréhension du processus. Plus la population locale participe au projet, plus elle le comprendra et plus elle s’y intéressera. Les projets de prairies sauvages qui ont les meilleures chances de réussite sont ceux que la collectivité comprend, apprécie et appuie concrètement.
Si vous avez d’autres exemples d’initiatives de sensibilisation des citoyens ou des expériences à partager, n’hésitez surtout pas à le faire.
Indigo remercie Nicolas Dedovic, de la Division de la planification et du suivi environnemental pour sa précieuse collaboration.[1] Notons qu’au cours des deux premières années, il est possible d’améliorer un peu l’aspect visuel en la fleurissant avec l’ajout de 10 à 15 % du mélange Indigo 100 % AnnuellesMC.
[2] Pour arriver à ce résultat en trois ans, il faut être en présence de conditions de sol favorables (voir le bulletin technique de juillet 2011).
août
12

Lorsque le vent balaye la toundra, les bœufs musqués ne bronchent pas. Leur toison dense volette par-ci par là, mais cela n’affecte pas leur humeur stoïque. À leurs pieds, des milliers de soies blanches frétillent et se courbent sous le souffle arctique, comme autant de giboulées estivales. Ce paysage nordique grandiose est bien peu accessible à la plupart d’entre nous, mais désormais, les linaigrettes se taillent une place au sud. D’ailleurs, le trichophore des alpes est l’une de ces espèces que l’on peut cultiver sous nos latitudes et qui, comble de joie, nous procure de nombreux avantages.
Ce troisième portrait de plante de 2011 nous permet de nouveau de vous présenter une espèce indigène d’intérêt pour des applications de phytotechnologies. Le trichophore des Alpes fait partie de ces espèces apparentées aux graminées que plusieurs d’entre nous appellent simplement des linaigrettes. En fait, linaigrette est un nom vernaculaire vague désignant en français certaines plantes des genres Eriophorum et Trichophorum qui font partie de la famille des Cyperacées. On les apprécie tout spécialement à cause de leurs soies immaculées qui leur procurent un effet visuel sans pareil. Ces soies appartiennent en fait aux graines de la plantes (les akènes), et permettent une dispersion des graines par le vent. Très efficaces lorsqu’on habite la toundra!
Indigène dans toutes les provinces et territoires du Canada, le trichophore des Alpes est une espèce vivace de petite taille et dépasse rarement 20 cm de hauteur. Ses tiges rapprochées forment un plant dense au port dressé dynamique. De petits épillets à écailles roussâtres se forment au sommet des tiges au cours du printemps et s’ensuivent les magnifiques longues houppes soyeuses qui persistent pendant plusieurs semaines, parfois même jusqu’au début de l’été. On la retrouve principalement dans les tourbières et les marais et bien qu’elle soit omniprésente dans le nord, elle fréquente l’ensemble de la province et s’adapte à une diversité d’habitat plus ou moins humides, voire carrément aride par période.
Cette capacité d’adaptation en fait une espèce spécialement intéressante pour créer des aménagements à caractère écologique. D’ailleurs, lors des 12e Rendez-vous horticoles du Jardin botanique de Montréal qui avait lieu en 2009, le trichophore des Alpes a remporté les honneurs dans la catégorie Plante pour le jardinage écoresponsable. Le jury avait alors souligné que parce qu’elle pousse au soleil et s’adapte à divers sols alcalins ou acides, frais à détrempés, elle convient parfaitement aux jardins de pluie destinés à absorber l’eau de ruissellement venant des toits et d’autres surfaces imperméables.
Outre cet avantage indéniable, les paysagistes seront heureux de l’utiliser d’abord et avant tout pour son caractère ornemental. Isolée ou en massif, le trichophorum des Alpes ne manque jamais d’attirer l’attention. Il constitue une alternative intéressante à bien des « graminées ornementales » de petite taille moins rustiques tel que plusieurs Carex horticoles. Avec autant d’atouts, nous sommes convaincus, tout comme l’horticultrice Claire Bélisle le soulignait dans son « Point de mire » du Québec Vert de mars 2010, que cette espèce méconnue est promis à un bel avenir!
Famille : Cypéracées
Nom latin : Trichophorum alpinum (Linnaeus) Persoon
Synonyme : Eriophorum alpinum Linnaeus, Scirpus hudsonianus (Michaux) Fernald
Nom français : trichophore des Alpes
Nom anglais : Alpine clubrush
Rusticité : zone 1
Lumière : plein soleil
Floraison : mai-juin
Hauteur minimum : 10 cm
Hauteur maximum : 30 cm
Largeur : 20 cm
Taux de plantation au m² : 15 à 30 plants
Humidité : De sec à détrempé
Habitat : Tourbières, marais, rochers. En sols tourbeux ou graveleux.
Avantages : Rusticité élevée, s’adapte à des taux d’humidité très variables, croît en sol pauvre.
Applications possibles : Jardin pluvial, zone de biorétention, aménagement en milieu urbain.
Utilisation au jardin : Jardin de pluie, rocaille, plates-bandes, utilisation en spécimen isolée ou en massif.
juil
15

Tous les aménagistes et les jardiniers souhaitent obtenir des prairies sauvages luxuriantes et colorées. Toutefois, lors de la conception de tels aménagements, on oublie trop souvent que pour atteindre rapidement cet idéal, il faut se soucier encore davantage de ce qu’il y a en-dessous que de ce qui est au-dessus… Alors, avant de penser aux semences, penchons-nous sur le sol.
Le sol vivant
La partie la plus fertile et vivante d’un sol se situe en surface, dans les premiers 30 cm. C’est là que se situe la matière organique ainsi qu’une part importante de la faune et de tous les microorganismes (algues, champignons, bactéries, protozoaires, vers de terre, etc.) qui décomposent la matière organique, rendent disponible les nutriments et produisent les hormones favorisant la croissance des plantes. Ce sont tous ces processus qui rendent un sol fertile et productif. C’est cette couche de terre qui est souvent appelée « terre végétale ». À plus de 50-100 cm de profondeur, le sol ne contient plus de matière organique et très peu de microorganismes. Ceci rend très difficile la survie des plantes.
Prendre des précautions
Lors de la réalisation d’un projet, il est opportun de mettre de côté la couche de terre fertile superficielle dès le début des travaux. En procédant ainsi, cette terre pourra être étendue en surface du site à la fin de travaux avant de le revégétaliser. Trop souvent, les devis ne précisent pas cette opération avec pour conséquence que la terre de surface est vendue ou mélangée au reste. On perd ou on réduit alors considérablement la richesse du sol. Une fois les travaux terminés, on se retrouve avec une terre à peu près sans vie contenant très peu de matière organique. En semant ou en plantant dans un tel sol, on obtient à coup sûr des résultats insatisfaisants. Le processus pour ramener la vie et la fertilité d’un sol est très long à rétablir. Il faut prévoir plusieurs années si on n’intervient pas.
Interventions possibles
Terre végétale
Pour revégétaliser un sol contenant peu ou pas de matière organique, il est recommandé de prévoir l’ajout de 10 à 15 cm de terre végétale en surface. Idéalement, cette épaisseur de terre sera légèrement incorporée à la terre déjà en place afin d’éviter de créer deux strates distinctes (ce qui peut provoquer de l’érosion sur les sites en pente).
Génie écologique
Sur de grandes superficies, il est également possible de ramener la vie dans un sol par l’application de bouillies contenant différents mélanges de fibres de bois, mycorhizes, fumier de volailles, etc. Cette technique est fréquemment utilisée pour ramener la vie sur des sols dégradés tels que les résidus miniers ou simplement les sols très pauvres ou très sableux. Plusieurs hydro-ensemenceurs se spécialisent dans ce domaine.
Une question de temps !
Les espèces indigènes sont résistantes et bien adaptées à nos conditions, toutefois, il leur faut tout de même de la matière organique et des nutriments pour vivre ! Pour l’établissement d’une prairie sauvage à partir de semences, il faut généralement 3 ans avant d’obtenir un effet intéressant sur un sol adéquat. Sur des sols très pauvres contenant peu ou pas de matière organique, il faut 5 ans ou plus avant d’obtenir un résultat similaire. Les aménagistes sont heureux d’opter pour des produits indigènes locaux mais semblent croire que la vigueur de ces espèces adaptées au climat local n’exigera pas une préparation de site aussi exigeante en termes de matière organique, d’irrigation et d’entretien. Erreur. Faites fructifier vos achats de semences en investissant également dans la préparation d’un sol propice à leur croissance. En planifiant bien la gestion des sols, il est possible d’y arriver à moindre coût afin d’assurer plus rapidement la satisfaction des clients!
juil
14

La floraison des lis du Canada bat son plein. L’alternance de soleil et de pluie ainsi que la chaleur soutenue font pousser les plantes comme jamais!