Avril 2008
Réponses
Indigo à cinq questions environnementales
Par
Claire Bélisle
Le
travail des écolos purs et durs commence à porter fruit car
ils ne sont plus les seuls à se soucier d’environnement.
Alertée par leur discours, une portion grandissante de la
population constate que les prédictions de ces visionnaires se
réalisent et qu’il est grand temps de passer à l’action.
Cependant, ces gens de bonne volonté manquent souvent de
connaissances et d’outils pour venir en aide à la nature qui
les environne. Voici comment les espèces indigènes et les
produits d’Indigo peuvent leur venir en aide.
La
revitalisation des berges
Les
cours d’eau dont les berges ont été dénudées de leur végétation
indigène connaissent de nombreux problèmes notamment des eaux
brouillées par les sédiments qui ne sont plus filtrés, une
rive instable et un réchauffement excessif de l’eau dorénavant
trop exposée au soleil. Ce dernier point a conduit à la
prolifération des cyanobactéries, une situation de plus en
plus médiatisée qui inquiète les propriétaires riverains et
les incite à passer à l’action.
Quoiqu’on
veuille réparer les erreurs du passé, on ne sait souvent ni
comment, ni avec quelles plantes. Depuis l’automne dernier, la
Fédération interdisciplinaire de l’horticulture ornementale
(FIHOQ, <www.fihoq.qc.ca>)
travaille à l’élaboration d’une liste de plantes recommandées
pour l’aménagement des berges. L’une des plantes de cette
liste est la menthe du Canada ou Mentha
arvensis (syn. : M.
canadensis).
Rustique jusqu’en zone 3, cette herbacée vivace forme
rapidement un réseau de tiges souterraines très efficace pour
stabiliser les sols en surface. Quand le canevas de tiges aura
été tissé, il sera beaucoup plus facile de planter avec succès
des arbres et des arbustes sur ces pentes stabilisées.
Le
maintien de la qualité des habitats fauniques
Parfois,
il suffit de peu de chose pour transformer le visage d’un écosystème
donné. Le déclin inquiétant des populations d’abeilles au
Québec en est un bel exemple. Depuis l’arrivée de
l’acarien parasite des abeilles, Varroa destructor, la
pollinisation dans les bleuetières est compromise. Afin
d’attirer les insectes pollinisateurs locaux et de les inciter
à s’établir, on utilise des herbacées indigènes comme l’épilobe
à feuilles étroites (Epilobium
angustifolium).
En juillet et en août, cette belle vivace produit des épis
floraux spectaculaires qui attirent une foule d’insectes et de
papillons. Elle pousse vigoureusement pour former de belles
talles de près de deux mètres de haut. Grâce à elle, les
insectes pollinisateurs sont plus nombreux à fréquenter le
coin. La production de fruits est donc supérieure et le
secteur, plus attirant pour la faune auxiliaire.
La
stabilisation des sols
Il
n’y a pas qu’aux Îles-de-la-Madeleine où l’érosion est
un problème! Que ce soit sur le bord d’un lac ou à la suite
de travaux de construction, les sols mis à nu s’érodent
inexorablement. Pour stabiliser ces sites fragilisés, rien ne
vaut l’élyme des sables (Leymus
arenarius). Grâce à sa croissance agressive, cette
plante indigène de 60 cm de haut s’avère particulièrement
utile sur les rivages sablonneux. Elle y forme rapidement une
belle colonie de feuillage bleuté fort attrayant. Cette dure à
cuire est rustique en zone 2 et s’orne d’épis dorés de
juillet à octobre.
Le
maintien de la biodiversité
La
situation de certaines plantes indigènes en milieu naturel
devient de plus en plus précaire. Leur habitat peut avoir subi
des transformations physiques, perturbant irrémédiablement
l’écosystème en place, ou elles ne se sont jamais remises
d’années de cueillette inconsidérée. Avant qu’elles
n’allongent la liste des plantes menacées ou vulnérables, il
serait bien (comme le recommande le Botanic
Gardens Conservation International, www.bgci.org
) de recréer des habitats favorables au développement de la
phytolaque (Phytolacca
americana), du sporobole (Sporobolus
heterolepis) et du riz sauvage (Zizania
aquatica).
La
phytolaque produit de belles tiges rose lumineux très décoratives.
En juin et juillet, elle se coiffe de grappes de fleurs blanches
suivies d’abondants fruits noirs et lustrés. Le sporobole est
quant à lui une graminée des plus intéressantes. Son
feuillage fin, vert émeraude, s’arque avec élégance et revêt
une splendide couleur blond roux en automne. Il est rehaussé
d’épis jaune paille à la fin de l’été. Enfin, le riz
sauvage n’est pas seulement bon à manger, mais aussi beau à
voir! Dans le marais émergeant, il lance vers le ciel ses
longues tiges creuses qui mesurent jusqu’à 3 m de haut. Ses
longues feuilles rubanées vert moyen sont marquées de pourpre
et s’ornent de magnifiques épis aériens.
Les
impacts des activités humaines sur le climat
Enfin,
pour éviter que les milieux urbains ne se transforment en une
fournaise insoutenable périodiquement inondée par les pluies
abondantes que les égouts de surface ne sauront plus contenir,
verdissons les toits! Une plante indigène extraordinaire à
cultiver sur les toits est la potentille pectinée (Potentilla
pensylvanica var. litoralis ou P. pectinata).
Cette native du bord de mer résiste incroyablement bien aux
affronts du vent et à la morsure du froid. On ne dirait pas, à
voir son délicat feuillage découpé et ses mignonnes fleurs
jaune en été! Rustique jusqu’en zone 2, elle n’atteint
jamais plus de 20 cm de hauteur.
Les
plantes indigènes; pour un environnement en santé!
Salutations.
Le
mois prochain : Des plantes sauvages médicinales dans vos
aménagements.
PS :
Venez nous rencontrer. Nous serons présents au PREMIER FORUM
SUR LES CYANOBACTÉRIES EN ESTRIE, le vendredi 2 mai prochain.
Pour plus de détails sur cet événement, consultez le lien
suivant : http://www.environnementestrie.ca/cyano.html
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